l’essentiel
Titouan, originaire de Lafrançaise (Tarn-et-Garonne), est un véritable passionné de cyclisme. À 18 ans, ce sapeur-pompier volontaire a choisi de mettre cette passion au service de la recherche contre le cancer, à travers un défi qui a dépassé le cadre sportif. Il raconte à Lafrançaise ses 1 000 kilomètres à vélo jusqu’à Chamonix.
Quatorze jours, près de 1 000 kilomètres à vélo et un défi relevé jusqu’au bout. Parti le 27 juin de Lafrançaise, Titouan a rejoint Chamonix le 11 juillet afin de récolter des fonds pour la recherche contre le cancer. À 18 ans, le sapeur-pompier volontaire a voulu se dépasser pour une cause qui lui tient particulièrement à cœur, sa sœur étant aujourd’hui touchée par la maladie.
Le départ, donné depuis sa caserne, a réuni une soixantaine de personnes. Famille, amis, collègues, élus et commerçants étaient présents pour l’encourager. Dès le lendemain, le jeune homme a pris la direction du canal du Midi. Pour éviter les heures les plus chaudes, il enfourchait son vélo dès 6 heures du matin.

Titouan a réalisé ce défi en compagnie de Caroline Bergon, également sapeur-pompier volontaire au centre d’incendie et de secours de Lafrançaise.
Photo collection privée
Tout au long du parcours, Titouan a pu mesurer l’élan de solidarité suscité par son initiative. Quatre centres de secours l’ont notamment accueilli pour qu’il puisse dormir, se ravitailler et présenter sa démarche. À Roquemaure, des soldats du feu ont pris le temps de partager un repas avec lui malgré leur mobilisation sur un incendie. Une représentante du comité du Gard de la Ligue contre le cancer est même venue à sa rencontre.
« Je commençais vraiment à être dans le dur »
Sur la ViaRhôna, le parcours s’est corsé. Le Mistral a compliqué la progression et, au fil des jours, la fatigue s’est installée. « Je commençais vraiment à être dans le dur », reconnaît Titouan. À partir de Valence, la difficulté est encore montée d’un cran. Faute de voies cyclables balisées, le pompier a dû composer lui-même son itinéraire, entre GPS et cartes papier. Certains chemins forestiers se sont révélés impraticables, l’obligeant à porter sa monture et ses quelque 35 kilos de bagages. « Il fallait parfois sauter des troncs d’arbre avec le vélo sur le dos », raconte-t-il.
Les Alpes se sont alors dressées face à lui. Le col des Saisies lui a demandé près de trois heures de montée. « Je n’avais jamais fait un effort aussi long et aussi intense », reconnaît-il. Malgré deux crevaisons et quelques chutes, il a poursuivi sa route.

Titouan a pu profiter de paysages exceptionnels.
Photo collection privée
À l’approche de l’arrivée, Titouan a pu compter sur ses proches. Sa mère, sa copine et un collègue ont partagé plusieurs kilomètres à ses côtés. Il a ensuite passé sa dernière nuit sous la tente, au milieu d’un violent orage. Le 11 juillet au matin, il ne lui restait plus qu’à rejoindre Chamonix. Lorsque le panneau annonçant la ville est apparu, l’émotion a pris le dessus. « Quelques larmes sont montées quand j’ai repensé à pourquoi j’avais fait tout ça » raconte-t-il.
Près de 6 000 euros récoltés
L’aventure a également largement dépassé le cadre sportif. Ses publications sur les réseaux sociaux ont cumulé près de 70 000 vues et les dons sont arrivés de toute la France. La cagnotte destinée à l’Institut Gustave-Roussy a atteint 6 000 euros. Le maillot dédicacé par Paul Graou, parrain du projet, sera par ailleurs tiré au sort entre les donateurs entre le 25 août et le 1er septembre.
Pour Titouan, les kilomètres parcourus n’étaient finalement qu’un moyen de porter un message. « J’ai souffert pour des personnes qui souffrent au quotidien. Ce que j’ai fait, réellement, c’est rien », estime-t-il, en pensant à toutes les personnes touchées par la maladie.
Cette aventure n’était que la première étape du projet imaginé par Titouan et Caroline, elle aussi sapeur-pompier volontaire à Lafrançaise et touchée par le cancer après le décès de son oncle et parrain. Elle devait prendre le relais et réaliser le tour du Mont-Blanc à pied, mais cette partie du défi a finalement été annulée, la personne qui devait l’accompagner s’étant brûlée aux jambes dès la première étape. Ce n’est que partie remise : les deux amis travaillent déjà sur un nouveau défi pour poursuivre leur mobilisation contre le cancer.