Suicide, racisme, acharnement, harcèlement, ou mort naturelle ? Les hypothèses et polémiques vont bon train suite au décès de Jason Arday, ancien professeur noir de l’université de Cambridge retrouvé mort vendredi. L’homme de 41 ans était au cœur d’un scandale de plagiat, des proches et des collègues dénonçant « un harcèlement » sur fond de racisme contre lui depuis sa nomination il y a 3 ans.

La mort de ce Britannique de 41 ans est « une tragédie », a réagi samedi le Premier ministre Andy Burnham. Jason Arday, qui enseignait la sociologie de l’éducation, avait démissionné le 5 août de la prestigieuse université, dont il était devenu en 2023 le plus jeune professeur noir. « Ce que j’ai vécu est allé bien au-delà d’un simple désaccord académique », avait-il alors écrit, dénonçant des « accusations incessantes ».

Soupçon de plagiat et enquête ouverte

Les doutes s’étaient accumulés sur ses travaux, dont sa thèse de doctorat, mais aussi ses affirmations sur son parcours jusque-là considéré comme modèle. Pour ses défenseurs, le racisme a motivé une partie de l’examen pointilleux de son parcours.

Les accusations de plagiat ont été initialement formulées par un chercheur américain, Nathan Cofnas, lui-même renvoyé de Cambridge en 2024 après avoir été accusées de racisme. Après avoir défendu son professeur et dénoncé une « ignoble campagne » le visant, Cambridge avait fini par ouvrir une enquête début août.

L’ancien professeur avait reconnu « des erreurs »

Plusieurs journaux ont publié des enquêtes sur Jason Arday. Outre ses travaux, certaines de ses affirmations concernant son parcours ont été contestées, notamment qu’il aurait couru 30 marathons en 35 jours.

Dans un entretien accordé au Times en août, il reconnaissait avoir commis des « erreurs » sur le plan académique mais assurait qu’on le présentait à tort comme « un fraudeur universitaire ».

Cette affaire a alimenté des soupçons sur les critères de recrutement de chercheurs issus de la diversité, sur fond de vive guerre culturelle dans des universités.

Un suicide ou non ?

« Jason a été la cible d’une campagne de harcèlement continu pendant plus de trois ans après avoir accepté son poste de professeur », a dénoncé sa famille. « Cette campagne de désinformation a été insupportable pour Jason », a-t-elle ajouté. La police a indiqué que son décès n’était pas à ce stade considéré comme suspect semblant privilégier la piste d’une mort naturelle ou d’un suicide. Une enquête va être menée pour en déterminer la cause.

« Les attaques personnelles dont il a fait l’objet ont été d’une immense ampleur », a déclaré à la BBC le professeur Simon Baron-Cohen, directeur du Centre de recherche sur l’autisme de l’université de Cambridge.

Avant la mort de Jason Arday, qui avait été diagnostiqué autiste enfant, Simon Baron-Cohen avait mis en garde sur sa vulnérabilité. « Je ne peux pas rester les bras croisés à regarder un homme autiste à terre alors que les coups continuent de pleuvoir », avait-il écrit sur X.