Posted On 16 août 2026
Le 3 août, un Échirollois de 21 ans contacte la police pour dénoncer les trafiquants qui ont transformé son appartement en point de stockage. Le lendemain matin, des promeneurs découvrent son corps sur la pelouse du parc Bachelard, à quelques mètres d’une aire de jeux pour enfants. L’autopsie révèle des «lésions évocatrices de l’intervention d’un tiers», selon le parquet. À Grenoble, le trafic n’en finit plus de détruire des vies.
UNE DÉNONCIATION QUI A SANS DOUTE COÛTÉ LA VIE
Contraint, vraisemblablement, de servir de « nourrice » aux trafiquants qui squattaient son logement du quartier de la Luire à Échirolles, le jeune homme avait alerté la police. La descente qui suit confirme intégralement ses dires : trois suspects interpellés, 5,5 kilos de cannabis, 300 grammes de cocaïne, 296 grammes de kétamine, 266 grammes de 3MMC, 148 buvards de LSD saisis, ainsi que des sachets siglés «Mistral 38». Le lendemain, il est retrouvé mort.
Le Dauphiné Libéré
LA LOI DU SILENCE IMPOSÉE AUX GRENOBLOIS VULNÉRABLES
Ce drame n’est malheureusement pas une anomalie. Des trafiquants expulsent purement et simplement des familles grenobloises de leur propre domicile pour y stocker leur marchandise : on se rappelle du cas de cette adolescente de 16 ans jetée à la rue en pyjama en plein hiver à Mistral, ou de cette personne âgée vulnérable contrainte à une cohabitation forcée à Hoche. Ces habitants n’osent, la plupart du temps, pas parler, par peur des représailles. Ce jeune homme, lui, avait eu le courage de le faire.
DES LOGEMENTS SOCIAUX TRANSFORMÉS EN ENTREPÔTS
Ce système prospère sur un terreau bien identifié : celui du parc social grenoblois, où les bailleurs présidés (notamment ACTIS et Grenoble-Habitat présidés par des élus Verts) n’engagent aucune procédure d’expulsion contre les trafiquants condamnés qui continuent d’y résider. À Mistral, 35 % des appartements sociaux visités lors d’une opération de police en 2025 étaient vides et occupés non par des locataires, mais par des réseaux de trafiquants. Chaque logement abandonné devient une opportunité pour les dealers, et un danger de plus pour les riverains qui restent.
Le Grenoble des Verts/LFI. Source : Le Dauphiné Libéré, mars 2025.
LA COMPTABILITÉ MACABRE NE CESSE DE S’ALLONGER
Ce nouveau décès s’ajoute à une liste qui n’en finit plus de s’allonger. Le parquet recensait déjà plus de 10 morts par balle dans l’agglomération grenobloise depuis janvier, le dernier en date étant tombé mi-juillet, abattu à proximité du Cours Jean Jaurès noir de monde un soir de match de l’Équipe de France. Le cas du parc Bachelard ne relève pas de l’arme à feu : la violence liée au trafic multiplie les visages et les méthodes.
UNE OVERDOSE FORCÉE, DERNIER DEGRÉ DE L’HORREUR
L’autopsie a livré un élément glaçant : une dose massive de cocaïne retrouvée dans l’organisme de la victime, qui n’était pourtant pas connue pour en consommer. Des traces de pression relevées sur son cou laissent penser qu’il aurait pu être contraint de l’ingérer jusqu’à l’overdose – hypothèse qui reste à confirmer, mais qui, si elle se vérifie, en dirait long sur la sauvagerie désormais à l’œuvre à Grenoble. Après le jeune homme humilié devant une caméra puis abattu de sang-froid en mai, les trafiquants inventent de nouvelles mises en scène toujours plus macabres.
12 ANS DE DOCTRINE QUI CONFORTENT LES DEALERS
Depuis plus de 12 ans, la municipalité verte a théorisé son retrait de toute politique sécuritaire et les dealers l’ont bien compris. D’Éric Piolle qui assumait publiquement « se foutre un peu » des questions d’insécurité et sa volonté de trouver un « modus vivendi » avec les dealers, à Laurence Ruffin qui fait alliance avec LFI revendiquant ne pas vouloir faire « la chasse aux dealers », le message est reçu 5/5 par les délinquants.
LE PLAN IGNORÉ DE RÉCONCILIER GRENOBLE
Depuis le début du mandat, le groupe Réconcilier Grenoble porte un plan de sécurité complet : développement de la vidéoprotection reliée à un centre de supervision urbain opérationnel 24h/24, armement de la police municipale, renforcement des effectifs, expulsion des dealers condamnés des logements sociaux, politique de prévention en s’appuyant sur l’offre socioculturelle indépendante… Ce plan a été balayé d’un revers de main. Une position que le président de groupe Clément Chappet résumait ainsi : « leur immobilisme, leur déni, atteint un niveau tel qu’on peut à ce stade parler de complaisance ».
Laurence Ruffin pendant la campagne municipale. 6 mois après : elle a refusé toutes les mesures de sécurité possibles.
LA FAUTE MORALE DU RENONCEMENT
Avec un tel drame, et avec l’addition de toutes ces vies enlevées et de celles que les trafiquants pourrissent, nous sommes désormais largement au-delà de la simple complaisance. Ne rien engager sérieusement pendant que s’accumulent ces destins fauchés n’est pas une petite négligence, c’est une faute morale, un renoncement indécent au devoir élémentaire de protection que doit toute puissance publique.
LA VILLE AUX ABONNÉS ABSENTS
Combien de drames faudra-t-il encore pour que cette doctrine change ? De Piolle à Ruffin, la réponse municipale à l’emprise des trafiquants est restée rigoureusement identique : le déni, l’incantation, l’attente que l’État et la police nationale règlent seuls un problème dont l’urbanisme, le logement social et la prévention relèvent pourtant directement des compétences de la ville. Ce jeune mort au lendemain d’un geste de confiance envers la loi est la victime la plus récente de cette continuité délétère. Combien d’autres faudra-t-il ?