Une rencontre entre la nature et l’histoire, c’est ainsi que l’on pourrait définir Liverdun, ce village de près de 6 000 habitants niché entre Nancy et Toul, au bord de la Moselle. La commune, par son nombre d’habitants, s’apparente davantage à une petite ville, mais a conservé le charme et le caractère d’un village rural.

Pour s’y rendre, mieux vaut prendre le train que la voiture. Au-delà des difficultés de circulation liées à la fermeture du pont routier sur la Moselle , il est plus agréable de parcourir la commune à pied une fois descendu du train, afin d’apprécier son riche patrimoine et d’observer cette « vraie ville urbaine implantée dans la nature », comme la décrit Françoise, habitante de Liverdun depuis 40 ans.

Un village aux multiples spécificités

Elle nous donne rendez-vous rue Porte Haute pour nous faire découvrir la commune : impossible de manquer le point de vue qui s’ouvre sur la Moselle et la ligne ferroviaire reliant Paris à Strasbourg. Depuis cet endroit, on remarque également la rivière canalisée, où se croisent péniches et plaisanciers, qui contourne le village pour former une boucle. Cette configuration constitue l’une des particularités de Liverdun.

Cette proximité avec l’eau lui a d’ailleurs valu le surnom de “Petit Deauville” : au siècle dernier, de nombreux touristes venaient en effet y profiter de la Moselle pour se baigner.

Autre particularité de Liverdun : la commune est organisée autour de « 3 pôles », comme les présente Françoise.

Au nord, sur un plateau en hauteur, se trouve la résidence Toulaire. Cet ensemble de pavillons, créé après la Seconde Guerre mondiale par l’armée américaine, présente dans la région, accueille aujourd’hui près de la moitié des habitants de la commune.

Une maison méconnue

Un deuxième pôle s’étend ensuite le long de la Moselle, entre le vieux village et les communes de Pompey et de Frouard.

Enfin, le troisième correspond au cœur historique de Liverdun : le vieux village. C’est ici que se concentrent plusieurs trésors architecturaux de la commune, à commencer par la Porte Haute, édifice datant du XIIe  siècle, dressée juste devant nous.

Non loin de là se trouve la Maison du Gouverneur, qui reste pourtant méconnue. « C’est possible qu’il y ait un lien avec le milieu militaire, mais à l’intérieur, c’est vide et ça se dégrade », se désole Françoise.

Dans le vieux village, on découvre également l’église Saint-Pierre, d’origine romane, construite à partir de 1184 par Pierre de Brixey, évêque de Toul.

L’histoire à ciel ouvert

À quelques mètres de là, la place de la Fontaine rappelle l’activité commerciale de Liverdun au Moyen Âge. Un marché s’y tenait autrefois, entouré de maisons lorraines et d’arcades.

Les différentes époques de l’histoire sont encore visibles dans la commune. L’hôtel 1900, aujourd’hui transformé en ensemble d’appartements, en témoigne, tout comme le château Corbin, construit en 1837, ou encore le lavoir, édifié par Nicolas Noel en 1901 pour éviter aux femmes de descendre jusqu’à la Moselle.

Un village à flanc de colline

Car c’est une autre spécificité de Liverdun : le village est construit à flanc de colline. En parcourant ses rues, les cuisses et les mollets chauffent rapidement. Ici, inutile de chercher un ascenseur ou un funiculaire : il n’y en a pas.

Cet ensemble architectural témoigne de la capacité de Liverdun à traverser les époques. Le village est devenu, au fil du temps, un véritable témoin à ciel ouvert des transformations de l’histoire.

Mais au-delà de son patrimoine, de son histoire et de ses célèbres madeleines, une chose est certaine : « on est bien à Liverdun », sourit Françoise. Elle n’a pas tort.