Un épisode sur Netflix, quelques vidéos sur YouTube, le journal télévisé, puis un programme en replay… En 2025, les Français ont regardé en moyenne quatre heures quatorze minutes de contenus vidéo par jour, selon Médiamétrie. Les programmes visionnés « à la carte », notamment sur les plateformes de streaming et de replay, représentaient 39 % de cette consommation.
Une étude publiée dans Alzheimer’s & Dementia s’est intéressée aux possibles conséquences à long terme de cette habitude sur notre cerveau. Ce que les chercheurs ont découvert sur les IRM des participants pourrait bien vous donner envie de passer moins de temps devant vos écrans.
Des régions cérébrales plus petites vingt ans plus tard
Les chercheurs ont analysé les données d’environ 1 700 adultes participant à l’étude américaine ARIC. Au début du suivi, entre 1987 et 1989, ces personnes avaient en moyenne 53 ans. Elles avaient indiqué à quelle fréquence elles regardaient la télévision pendant leurs loisirs, de « jamais ou rarement » à « très souvent », ainsi que le temps passé assises au travail.
Plus de vingt ans après, des IRM ont révélé que les participants qui regardaient très souvent la télévision présentaient :
- des lobes frontaux et occipitaux plus petits, des régions impliquées notamment dans les fonctions exécutives et le traitement des informations visuelles ;
- un volume réduit dans certaines zones liées à la mémoire et associées aux premiers signes de la maladie d’Alzheimer ;
- davantage d’hyperintensités de la substance blanche, de petites lésions pouvant témoigner d’une atteinte des vaisseaux cérébraux et associées au vieillissement, au risque d’AVC et au déclin cognitif.
Ces différences persistaient après la prise en compte de plusieurs facteurs susceptibles d’influencer la santé du cerveau, comme l’activité physique, le tabagisme, la consommation d’alcool, le diabète et l’indice de masse corporelle.

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« Pendant des années, nous nous sommes concentrés sur le temps que les gens passent assis. Nos résultats suggèrent que nous devrions également prêter attention à ce qu’ils font lorsqu’ils sont assis », souligne David Raichlen, auteur principal de l’étude.

Alterner les soirées devant les écrans avec une promenade, une séance de sport, de la lecture ou un jeu de société permet de varier les activités et pourrait contribuer à préserver la santé du cerveau. © Maridav, Adobe Stock
Le problème ne viendrait pas seulement du temps passé assis
La surprise vient justement de la comparaison avec la position assise au travail. Les personnes qui déclaraient rester souvent assises dans le cadre de leur activité professionnelle ne présentaient pas le même profil cérébral. Elles obtenaient même des résultats plus favorables pour certains indicateurs. Une différence qui pourrait s’expliquer par la stimulation intellectuelle apportée par de nombreux métiers.
Une précédente étude publiée dans Brain Imaging Behaviour, allait déjà dans ce sens. Après vingt ans de suivi, chaque heure quotidienne supplémentaire passée devant la télévision était associée à environ 0,5 % de matière grise en moins. Un chiffre qui peut sembler faible, mais qui correspond, selon les chercheurs, à l’atrophie cérébrale habituellement observée en une année au milieu et à la fin de l’âge adulte.
Faut-il pour autant vendre son téléviseur et passer toutes ses soirées sur des mots croisés ? Rien ne permet d’aller aussi loin. Ces travaux montrent une association, mais ne prouvent pas que la télévision provoque directement ces modifications. La fréquence de visionnage était déclarée par les participants et aucune IRM n’avait été réalisée au début de l’étude.

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Le conseil à retenir reste néanmoins simple à appliquer : entrecouper les épisodes d’une promenade ou remplacer régulièrement une partie du temps passé devant la télévision par une activité plus stimulante, comme la lecture, les jeux de société ou la musique, pourrait être davantage bénéfique pour le cerveau.
Regarder une série n’est sans doute pas nocif en soi. C’est plutôt lorsque la télévision devient, soir après soir, notre principale activité de détente qu’il peut être utile de revoir nos habitudes.