À un mois des élections à la Douma, la justice russe a exclu Iabloko, seul parti à réclamer l’arrêt de la guerre en Ukraine. Les opposants sont partagés sur la méthode pour réussir à faire malgré tout barrage au parti de Poutine, Russie unie.

Pendant quelques heures, mardi 11 août, l’opposition russe a cru à une anomalie dans un système verrouillé : Iabloko, unique formation autorisée par le pouvoir à réclamer des négociations et arrêt de la guerre en Ukraine, venait d’être enregistrée en vue des élections législatives de septembre. Le parti avait obtenu le numéro 2 sur les bulletins, derrière Russie unie, le parti de Vladimir Poutine.

Son président, Nikolaï Rybakov, exultait : « Le vrai choix pour notre pays est entre Russie unie et nous. […] Nos citoyens pourront voter pour la paix et la liberté. » Mais quelques heures plus tard, la Cour suprême l’excluait du scrutin après une plainte de Rodina (Patrie), parti nationaliste pro-Poutine.

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Les Russes voteront donc du 18 au 20 septembre sans aucune liste opposée à la guerre. Iabloko connaissait pourtant un regain d’intérêt : +90 % sur Google Trends, un vaste soutien sur les réseaux sociaux, et l’appui des principales figures de l’opposition. Après son exclusion, des centaines de jeunes ont crié « Honte ! » devant la Cour suprême, avant d’être dispersés par la police.

Motif officiel : financements irréguliers, droits d’auteur et soutiens étrangers non déclarés. Mais l’essor de sa campagne anti-guerre risquait d’offrir un débouché au mécontentement. Tous les autres partis autorisés soutiennent l’invasion. Sergueï Mironov, patron de Russie juste, avait même réclamé face caméra l’exclusion d’Iabloko.

Selon la Fondation anticorruption (FBK), seuls 16 % des électeurs veulent voter pour le parti du pouvoir.