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Depuis 2019, le « chemin synodal » allemand pousse l’Église catholique outre‑Rhin vers des réformes radicales qui inquiètent Rome : bénédictions des couples homosexuels, femmes prêtres, fin du célibat. Enquête sur une Église riche, mais qui se fissure et se vide.

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Par Bertille Vaur

Publié le 16 août 2026 à 10h00

5 min · lecture

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« Il y a une très bonne Église protestante en Allemagne. Nous n’en avons pas besoin d’une seconde. » La formule du pape François, en mai 2022 dans la revue La Civiltà Cattolica, résume l’embarras romain face au « chemin synodal » allemand (« Synodaler Weg »). Une gêne que Léon XIV n’a pas dissipée : de retour de Beyrouth, le 2 décembre 2025, il a mis en garde contre le risque de voir l’Église d’Allemagne s’éloigner du « chemin de l’Église universelle ».

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Ce n’est pas la première crise outre-Rhin : de la Réforme luthérienne à la guerre de Trente Ans, de l’affadissement du XIXe siècle au Kulturkampf, le catholicisme allemand a souvent vacillé. Le traumatisme fondateur du chemin synodal est, lui, plus récent. Publié en 2018 par les universités de Mannheim, Heidelberg et Giessen, le rapport MHG documente les abus sexuels commis par des clercs entre 1946 et 2014. En réaction, la Conférence épiscopale (DBK) et le Comité central des catholiques (ZdK), fédérant 125 associations laïques, lancent, en décembre 2019, un « chemin synodal » censé s’attaquer aux causes structurelles du fléau.

Officiellement clôturé le 31 janvier 2026, ce chemin synodal s’inscrit dans la continuité du synode de Wurtzbourg des années 1970, qui réclamait déjà le mariage des prêtres. Mais, la clé est avant tout structurelle : « Porté par un grand nombre de salariés de l’Église, le ZdK a été le fer de lance du processus », explique un prêtre allemand. Grâce au Kirchensteuer, un impôt ecclésiastique indexé sur le revenu, l’Église catholique dispose de moyens financiers considérables. En 2025, elle perçoit 6,75 milliards d’euros, ce qui lui permet d’employer un grand nombre de laïcs : le seul évêché de Münster en compte près de 600. Ce modèle nourrit, chez certains fidèles, l’idée que le paiement de cet impôt leur confère un droit à être représentés dans les décisions de l’Église.

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