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Des habitants évacués, plus de 3000 hectares calcinés, un feu toujours pas fixé… La Belgique combat, depuis vendredi 14 août, l’un des pires incendies de son histoire. Le brasier ravage les Fagnes, une grande réserve boisée en Belgique, prisée des randonneurs et proche de l’Allemagne, comme nous le racontons dans la vidéo en tête d’article.

Le feu s’y est déclaré en milieu de journée vendredi et s’est rapidement propagé. De 80 hectares brûlés vendredi, il a bondi à plus de 2 700 ce samedi 15 août au soir. Dimanche dans la matinée, le nombre d’hectares brûlés était passé à 3000. « Les conditions restent complexes. Malgré leur faible intensité, les vents ont changé de direction à plusieurs reprises durant la nuit », ont précisé les autorités.

Aucune habitation n’a pour l’heure été touchée, mais le feu n’est pas fixé. « Plusieurs foyers » restaient encore « actifs » dimanche, avec un vent qui change régulièrement de direction, selon ce bulletin matinal des autorités.

La configuration particulière du terrain, très accidenté, « rend l’intervention particulièrement complexe et ne permet pas aux services de secours d’attaquer partout le feu à très courte distance avec leurs moyens habituels », ajoutent les autorités. Un journaliste de l’AFP escorté dans la zone incendiée a vu une vaste étendue de végétation calcinée, tandis qu’un épais nuage de fumée jaunie stagnait encore dans l’air. L’accès à la première zone qui a brûlé reste impossible, ce qui fait que l’origine du feu reste encore inconnue.

L’incendie est le plus gros de l’histoire belge récente – un brasier en 1911 avait également ravagé la zone. « On ne voit plus rien, il y a de la fumée partout », a déploré David Rodolfs, un restaurateur près de Waimes, dans l’est du pays, auprès de l’AFP, qualifiant la situation « d’extrêmement triste ».

Le mécanisme européen de protection civile activé

De premiers habitants dans deux villages ont reçu l’ordre d’évacuer autour de 16 heures, selon un message publié par les autorités locales sur Facebook. Le gymnase d’une commune voisine, Malmedy, a été mis à leur disposition.

« On est là pour leur donner de l’information, remplir les besoins primaires, c’est-à-dire la nourriture, de l’eau, de quoi se reposer aussi pour les personnes les plus vulnérables », a expliqué Romane Bouhaben, de la Croix-Rouge Belgique.

En plus de sa propre flotte, la Belgique compte énormément sur un renfort aérien d’autres pays européens pour tenter de maîtriser la situation. Un ballet d’hélicoptères de la police fédérale belge et des Pays-Bas se relayait ce dimanche matin dans un lac voisin pour s’approvisionner en eau.

Grâce au mécanisme de protection civile, un dispositif européen que la Belgique a activé samedi, d’autres hélicoptères, venus notamment de République tchèque, et bombardiers d’eau suédois devraient également être opérationnels dans la journée. Dans un entretien avec l’AFP samedi, la commissaire européenne Hadja Lahbib a également évoqué d’autres potentiels renforts aériens, venus de Norvège et d’Allemagne.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux agriculteurs se sont également photographiés en route vers le lieu de l’incendie pour venir en aide aux pompiers. Le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin a salué leur mobilisation « impressionnante ». « Quand on voit comment c’était ce matin et comment c’est maintenant on ne peut être que choqué », a-t-il appuyé.

Comme une grande partie de l’Europe, la Belgique a souffert ces derniers jours d’un nouvel épisode de fortes chaleurs. Le mercure est monté jusqu’à 37 °C dans certaines parties du pays vendredi.