«Des urinoirs publics en forme de fesses géantes, installées en pleine ville, déclenchent une polémique folle sur Internet. » Images à l’appui, cette vidéo TikTok cumule 1,4 million de vues et explique que « pour faire ses besoins, il faut se placer directement face à des fesses géantes, sculptées en relief. » Un mobilier urbain qui divise : certains « trouvent ça drôle » et d’autres « trouvent ça complètement déplacé ».
Dérive de l’art contemporain ? Fantasme d’un maire incel ? Pas du tout, c’est juste TikTok qui débloque… - TikTok
Les commentaires reflètent bien cette division : « Les femmes sont ENCORE sexualisées. » « C’est très misogyne. » « Et voilà dans quoi les impôts partent… » « Bah, c’est bon, c’est que des toilettes, là. » « Mais c’est quoi le problème exactement ? » « Je kiffe ! » S’agit-il d’une dérive de l’art contemporain ? Du fantasme d’un maire détraqué ? Et si on vérifiait ?
FAKE OFF
Si la voix off (générée par une IA) ne précise pas quelle est la ville concernée, on peut voir les mots « Paris, France » affichés sur l’écran. On ne nous donne toutefois aucune date ni information quant au commanditaire du projet, à son coût ni à sa justification. Cette absence de détails est typique des infox, puisqu’une règle fondamentale du journalisme est de mentionner qui, quoi, quand, où, comment, combien et pourquoi.
Sans surprise, on ne trouve aucun communiqué de presse ou sujet médiatique traitant d’un tel mobilier urbain, que ce soit en France ou ailleurs. A-t-on affaire à un simple deepfake ? Une recherche par image inversée révèle que la photographie circule depuis une dizaine d’années, soit avant l’avènement des IA génératives. Certains contenus affirment que ces urinoirs se trouvent à Londres, d’autres en Thaïlande, etc. 20 Minutes est parvenu à retrouver leur trace : ils semblent bien exister, mais en un lieu et un seul, le night-club Phuong Dong, à Da Nang, au Vietnam. C’est, en tout cas, ce que suggère la page TripAdvisor de l’établissement.