Par

Marie Pomme

Publié le

16 août 2026 à 6h18

Quel est le point commun entre la pub Givenchy, le film Le Brio, Zinédine Zidane… et vous ? Réponse : le métro. Et plus particulièrement la station cinéma Porte-des-Lilas, qui accueille chaque année des tournages. Pour y accéder, il faut entrer par le genre de petite porte devant laquelle on passe tous les jours et qui réserve plein de promesses. « Et puis après, personne ne sait ce qui se passe », jubile Karine Lehongre-Richard, responsable cinéma de la RATP.

La station multifonction

Après une volée d’escaliers bardée d’encarts publicitaires vides, on atterrit dans une station tout ce qu’il y a de plus ordinaire, mis à part qu’aucun train n’y passe. Seuls quelques éléments mettent la puce à l’oreille : les bancs surannés qu’on ne trouve plus ailleurs sur le réseau, le petit siège, la guérite ou encore un élément de décor oublié dans un coin. « Elle est conservée dans son jus, ça permet de couvrir plusieurs périodes », détaille Karine Lehongre-Richard.

Une fois que l’équipe de tournage s’installe, tout est possible pour déguiser la station : on peut la renommer, recouvrir les cadres publicitaires, changer la lumière (comme c’était le cas dans Santa & cie, d’Alain Chabat), et même installer un train. « Ça permet de maîtriser les arrivées et départs, on peut les refaire autant de fois qu’on veut ! », rigole Karine Lehongre-Richard. Niveau détail, il est même possible de choisir un métro issu de la ligne 3 – plus grand – ou de la 3 bis – plus petit. La station a ainsi voyagé dans le temps pour Les femmes de l’ombre, de Jean-Paul Salomé, est devenue un lieu de rendez-vous clandestin pour John Wick, de Chad Stahelski, ou s’est fait le théâtre d’une course poursuite dans 355, de Simon Kinberg.

Un tournage… par semaine !

À l’origine, cette station avait été mise en service pour les essais du matériel pneumatique et, encore avant, avait servi de voie de navette entre Porte-des-Lilas et Pré-Saint-Gervais. Il faut compter environ 20 000 à 30 000 euros pour la louer pour une journée d’une dizaine d’heures, selon les options réclamées.

Si elle n’accueille qu’une poignée de tournages par an, le réseau, lui, en compte plus d’un… par semaine ! « On tourne aussi sur la 3 bis, renseigne la responsable cinéma. Cette ligne, qui est la plus petite de Paris, permet d’occuper la voiture centrale, c’était le cas pour le film Le Brio, d’Yvan Attal. » Mais pas que : plusieurs autres lignes accueillent régulièrement des tournages : la 6 pour Juste une illusion (Éric Toledano et Olivier Nakache), la 2 pour Deux moi (Cédric Klapisch), la 14 pour Chien 51 (Cédric Jimenez)… «On peut aussi insérer des trains dans le trafic entre deux rames, mais uniquement un dimanche ou un jour férié », complète Karine Lehongre-Richard. Comme cela a été le cas pour Mesrine ou la série américaine Patriotes.

La station cinéma accueille une poignée de tournage par an... et le réseau complet en accueille près de 60.
La station cinéma accueille une poignée de tournage par an… et le réseau complet en accueille près de 60. (©Jean-François Mauboussin)Et Zinédine Zidane

Alors oui, vous avez peut-être croisé un tournage… sans le savoir. En matière de discrétion, la RATP sait faire. Quand on lui demande son meilleur souvenir de tournage, elle répond sans hésiter. « On a eu la chance d’avoir ici Zidane pour la cérémonie d’ouverture des JO, on était quatre dans la confidence, se souvient cette passionnée. Tous nos collègues RATP ont découvert le film en même temps que les spectateurs. »

Pour ce qui est des tournages en cours ou à venir, on nous prévient : le secret sera gardé. On a bien tenté de savoir si la dernière saison d’Emily in Paris passerait par ici. « Elle passe à côté, elle ne prend pas encore le métro ! Mais on y arrivera, peut-être… »

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