Russes et Ukrainiens se rendent désormais coup pour coup. Les autorités des deux pays ont fait état d’au moins six morts de plus dans la nuit de samedi à dimanche : trois dans la région russe de Rostov (sud-ouest) et trois en Ukraine, dont deux dans la région de Zaporijjia (sud) et un à Kryvyï Rig (centre). Du côté de Kiev, c’est une attaque d’une rare ampleur qui a été menée sur la capitale de l’ennemi.

Sur 600 drones identifiés comme se dirigeant vers Moscou, 201 ont été abattus dans la région entourant directement la capitale, a précisé le maire Sergueï Sobianine sur la messagerie russe Max.

Le gouverneur de la région, Andreï Vorobiov, a toutefois qualifié l’attaque d' »une des plus massives de mémoire récente » tandis que le ministère russe de la Défense a indiqué avoir abattu 822 drones dans tout le pays au cours de la nuit, au delà de ceux qui ont été envoyés sur Moscou.

La capitale russe de plus en plus touchée

Depuis le lancement de l’offensive de février 2022, la capitale, à plusieurs centaines de kilomètres du front, a été plus rarement touchée que les régions frontalières de l’Ukraine. Mais elle se retrouve visée de manière croissante ces derniers mois alors que l’armée de Kiev intensifie ses attaques à longue portée contre le territoire russe.

Ces derniers mois, les frappes montent en puissance des deux côtés du front, quatre ans et demi après l’invasion russe à grande échelle de l’Ukraine, dans ce qui est devenu le conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Selon un rapport de la Mission de surveillance des droits de l’Homme des Nations unies en Ukraine (HRMMU), le mois dernier a été le plus meurtrier pour les civils en Ukraine depuis mai 2022, avec 437 morts et 2 610 blessés.

La capitale ukrainienne a en particulier payé un lourd tribut avec au moins 54 morts et 202 blessés. Les forces russes ont lancé à maintes reprises sur Kiev des bombardements massifs, avec des missiles balistiques et de croisière. Début août, une série de frappes sur la ville a fait au moins 17 morts à Kiev et sa région, sans que l’Ukraine, confrontée à une pénurie d’intercepteurs, ne parvienne à abattre un seul missile russe.