Depuis leur arrivée à la présidence de la SASP fin février dernier, Jonathan Stauber et Guillaume De Laage ont eu le temps d’observer pour définir les contours de leur projet avec un objectif : faire grandir le club et viser le Pro D2 d’ici 2030.
Il faut parfois oser quelques parallèles pour s’éviter les reproches de vouloir prendre la tangente. Aussi, quand il est question de légitimité, le syndrome de l’imposteur se justifie parfois d’un regard trop élitiste porté sur une activité ou une discipline. L’accès à la culture ou plutôt l’accessibilité de la culture au plus grand nombre souffre régulièrement dans les discours et réalités de cet état de fait dont il tente de se départir à coup d’ouverture à de nouvelles initiatives et idées.
Dans le Nord, dont on répète à l’envi que les valeurs intrinsèques de la population s’accommodent parfaitement de celles de l’Ovalie, le constat force à avouer que cette culture n’a pas encore parfaitement percé ou fait son lit. Si bien d’autres thèmes et sujets ont été analysés par Jonathan Stauber depuis son arrivée, celui évoqué s’inscrit apparemment en tête de liste des priorités du plan qui veut voir la métropole accueillir un club de Pro D2 à l’horizon 2030. C’est en tout cas ce qui transparaît en filigrane du discours du nouveau président. « Nous voulons attirer davantage de supporters au Stadium. La saison passée, nous avons pu compter sur une moyenne de 3 000 à 3 500 personnes ; cette année, nous en espérons 4 000 puis 6 000 l’an prochain. Cela passera, c’est certain, par la qualité de jeu, mais pas seulement. L’idée sera de faire de chaque match à la maison un événement assez exceptionnel pour faire venir les gens qui ne connaissent pas forcément le rugby. On va prendre le temps d’expliquer. On sait que dans la région, le rugby plaît beaucoup mais aussi que certains n’osent pas franchir le pas de venir au stade. » Question de légitimité. Le poids de l’Histoire et de la culture aussi certainement.
Mais il n’est pas toujours utile de se conformer pour s’approprier et c’est avec les atouts locaux que le club souhaite définir les contours de son attractivité. « On veut profiter des espaces que nous offre le Stadium pour développer des animations autour du rugby mais aussi établir de nouveaux partenariats, comme avec le Musée d’art moderne de Villeneuve-d’Ascq (LAM) qui viendra déployer une fresque, ou encore, on l’espère, un événement avec l’Orchestre national de Lille (ONL) ou s’associer à des actions avec le CHU pour mettre en valeur les soignants… » Un contre-pied au modèle commun, même si d’aucuns s’en défendront à raison, qui prévoit d’augmenter les budgets, pour constituer une équipe dont les résultats assureront la renommée, l’arrivée de nouveaux partenaires économiques et un public nouveau.
Un budget en baisse
Sur le plan structurel, l’équipe dirigeante a opté pour une réorganisation physique au sein du Stadium et donc un déménagement de l’Hippodrome pour la partie SASP. L’arrivée de Jérôme Lestir, qui avait occupé le poste de directeur général adjoint du club de foot du Losc au début des années 2000, et avait montré qu’il n’était pas manchot en menant le club de la Ligue 2 à la Ligue des Champions, est également un signe fort en termes de structuration et d’ambitions. « Nous sommes allés chercher le meilleur DG en région pour faire grandir le club. Il apporte un nouveau regard, venu du foot, mais surtout une expertise en termes d’organisation, de développement commercial et de communication. » Le budget, en légère baisse, a été redistribué différemment afin d’étoffer les besoins structurels et l’OMR a choisi de miser sur un recrutement jeune pour une saison forcément de transition. « C’est une chance qu’il n’y ait pas de descente. Nous avons l’occasion de tenter des choses et d’innover, un peu comme les franchises dans le sport américain. » Les jalons sont posés.
La fiche de Marcq-en-Baroeul
Présidents de la SASPJonathan Stauber, Guillaume de Laage de Meux
Directeur général Jérome Lestir
Resposable du centre de formation Stéphane Ducos
Président de l’association Grégory Delpierre
Secrétaire général de l’association Christophe Joly
Trésorier de l’association Maud Cassignié
Budget de la SASP 2,7 millions d’euros
Principaux partenaires M comme Mutuelle, Crédit Agricole, Vinci, Nhood, Aventim, Decathlon France, EDF, Portakabin, Reprocolor, Lesaffre Auto
Équipementier Décathlon
Contrats professionnels 33
Contrats espoirs 6
Stagiaires centre de formation 24
Manager général Morgan Champagne
Entraîneurs Louis Dubois, Stéphane Ducos
Préparateur physique Alexis Pageault
Analyste vidéo Marie Prevot
Intendante Sandrine Cortier
Entraîneurs des espoirs Geoffrey Cazanave, Otilo Kafotamaki
Médecin Julien Six
Kinés Alexandre Lefevre, Alexandre Demont, Martin Barrillon, David LePors
Le portrait : Spike Salman, c’est aussi son projet
Des stickers du drapeau norvégien sur les ongles de pied, clin d’œil à sa compagne espagnole ayant grandi dans les fjords, une mèche décolorée, des parents néerlandais pour une enfance marseillaise : Spike Salman incarne physiquement un cosmopolitisme joyeux qu’il ne renie pas non plus intellectuellement. Congruent, le garçon de 25 ans. Et forcément en phase avec le projet d’un Olympique marcquois qu’il a rejoint cet été avec un sourire communicatif. « Je connaissais déjà quelques joueurs du club et j’ai pris contact avec l’entraîneur pour venir ici. C’est un club qui a une identité forte, et qui est également proche du Bénélux, ce qui me rapproche de mes racines. C’est le seul club à ce niveau dans le Nord, qui m’offre l’occasion de m’impliquer dans le développement et la popularisation du rugby dans cette région. »
L’international néerlandais débarque avec également l’ambition d’apporter son écot sur le pré à une formation en quête d’équilibre. Son caractère volontaire et une polyvalence assumée doivent lui permettre d’amener « de la disruption dans le jeu adverse », tout comme dans le massage qu’il tient à véhiculer. « Le rugby est certainement le sport le plus inclusif du monde, le plus complexe aussi, sans être compliqué. C’est le meilleur sport à vivre et la raison pour laquelle je joue, c’est parce que sur le terrain, on a besoin de tous. L’OMR se bat aussi pour tout cela, pour troubler un ordre institutionnel où le Nord cherche à se faire une place. » Autant dire que le jeune homme a rapidement accordé ses violons et valeurs avec l’accueil et le partage qui font la réputation, « méritée », des gens du Nord.
L’interview : Morgan Champagne (manager général) : « être moins lisible »
Vous débutez votre troisième saison en Nationale et ne vous êtes maintenus par deux fois qu’en raison des différents forfaits d’adversaires. Quels enseignements tirez-vous de ce constat pour cette édition 2026-2027 qui ne prévoit aucune descente ?
Nous devons trouver le bon modèle et de nouveaux leviers. Tirer le meilleur du groupe en termes de fonctionnement, de l’apprentissage des joueurs et du projet de jeu. Les enseignements, c’est aussi d’avoir une meilleure communication entre tout le staff. On a essayé de tirer un bilan de nos erreurs et de nos méthodes, également au niveau médical, car l’an dernier, nous avons tourné avec treize blessés de moyenne. Il y a des choses à revoir sur le retour au jeu, les charges de travail…
Une vingtaine de départs, autant d’arrivées: pourquoi un tel bouleversement d’effectif qui nécessite forcément de trouver de nouveaux automatismes, de nouveaux modèles ?
Il y a déjà la conjoncture économique, qui fait que nous avons dû trouver aussi des joueurs qui ont une activité à côté. On avait des besoins sur certains postes également, notamment en 10 où Maxime Javaux doit apporter son expérience du haut niveau. Il nous faut trouver quelques certitudes en conquête et on s’est étoffé devant mais aussi en mettant davantage de concurrence en troisième ligne. Enfin, nous voulons insister sur le côté formateur, avec le recrutement de jeunes revanchards, avec de belles marges de progression. Qui auront beaucoup d’envie mais aussi qui croient à notre projet de développement et d’implantation du rugby dans le Nord. L’idée est de former un groupe avec de nouvelles certitudes, sur lesquelles nous travaillons, et ce qui va prendre du temps, pour avoir un jeu moins lisible, en conservant notre ADN marcquois d’équipe joueuse.
Il y avait aussi un problème d’attitude avec certains joueurs non? Ce qui a expliqué le départ de David Pénalva, entraîneur des avants, en cours de saison passée…
Effectivement. Mais les joueurs se sont également dit les choses entre eux. Et nous avons recruté Stéphane Decot, pour prendre en charge le secteur des avants, qui vient de Tarbes, et qui a cette fibre de formateur que nous recherchons. Pour l’instant, tout se passe bien humainement.
Quelles sont les ambitions puisque le maintien est déjà acquis ?
Nous voulons évidemment faire mieux au classement, faire en sorte aussi de faire à domicile, et que ce soit très difficile de venir faire un résultat ici. Surtout faire en sorte que le public trouve satisfaction à voir jouer son équipe et nous apporte son soutien comme il l’a fait jusqu’à présent.
L’effectif
Nom, prénom Poste Né le Taille – Poids Club préc. Int.
AMANS Adrien Arrière 23/01/2000 1,83 m – 84 kg Graulhet
FLEMING Paddy Arrière 02/04/1998 1,80 m – 87 kg Marcq-en-B.
CRESPO Hugues Ailier 01/01/2002 1,79 m – 102 kg Marcq-en-B.
DERAM Mathis Ailier 07/01/2005 1,85 m – 88 kg Bordeaux-B.
ORTIZ Mathias Ailier 26/04/2003 1,89 m – 94 kg Marcq-en-B.
ERASMUS Mark Centre 11/06/1995 1,87 m – 103 kg Marcq-en-B.
MOLEANA Thibault Centre 20/08/2000 1,88 m – 98 kg Marcq-en-B.
MONNIER Markus Centre 27/11/2007 1,78 m – 90 kg Marcq-en-B. Bel
MARCELINE Dorian Centre 18/06/2005 1,82 m – 92 kg Valence-Rom.
MEIJER Vikas Centre 20/08/2003 1,89 – 101 kg Cardiff Met P.-B.
JAVAUX Maxime Ouvreur 04/11/1993 1,80 m – 84 kg Rouen
RIGAULT Romain Ouvreur 16/02/2004 1,81 m – 83 kg Marcq-en-B.
ANTUNES Dany 1/2 mêlée 15/09/1997 1,90 m – 90 kg Marcq-en-B.
GERAULT Clément 1/2 mêlée 14/01/2008 1,73 m – 77 kg Marcq-en-B.
VAN HECKE August 1/2 mêlée 15/12/2006 1,84 m – 84 kg Marcq-en-B. Bel
DAYORO Brandon Numéro 8 15/03/2003 1,91 m – 120 kg Marcq-en-B.
GAUBERT Clément Numéro 8 03/10/2006 1,88 m – 98 kg Tarbes
LAVILLE Philippe Numéro 8 28/04/2001 1,90 m – 111 kg Valence-Rom.
BEAUMONT Joaquim 3e ligne 09/02/1990 1,90 m – 107 kg Marcq-en-B.
CARVALHO Aurélien 3e ligne 05/06/1999 1,79 m – 101 kg Marcq-en-B.
DOMENECH Pierre-Antoine 3e ligne 02/02/1998 1,86 m – 103 kg Bédarrides
ROUSERé Aymeric 3e ligne 09/08/2005 1,92 m – 99 kg Bayonne
SALMAN Spike 3e ligne 25/01/2001 1,94 m – 104 kg Tarbes P.-B.
TEN HOEVER Arturo 3e ligne 15/01/2004 1,83 m – 98 kg Niort Uru
BRUGES Arthur 2e ligne 04/05/2001 1,96 m – 110 kg Marcq-en-B.
DE CLERCQ Goran 2e ligne 11/06/2003 2,01 m – 115 kg Marcq-en-B. Bel
DELAPORTE Antoine 2e ligne 05/07/1995 1,98 m – 108 kg Marcq-en-B.
RENDE Jean-Baptiste 2e ligne 18/11/2002 1,94 m – 131 kg Marcq-en-B.
RUYFFELAERE Marius 2e ligne 07/07/2002 1,95 m – 102 kg Marcq-en-B.
BALAS-BUREL Victor-Fy Pilier 21/07/1999 1,78 m – 122 kg Marcq-en-B.
EKWAH-ELIMBY Charles-Edouard Pilier 26/07/1997 1,81 m – 123 kg Marcq-en-B.
DECAUX Alexis Pilier 19/10/2000 1,87 m – 115 kg Marcq-en-B.
GILATIS Jaden Pilier 26/08/2005 1,81 m – 125 kg Heidelberg RK All
GONZALEZ Brian Pilier 22/02/1999 1,91 m – 143 kg Ordizia
LENDRES Clément Pilier 02/09/2006 1,80 m – 113 kg Aix-en-Prov.
MAURO Louis Pilier 22/04/2002 1,82 m – 107 kg Aubenas-Vals
POLLET Marius Pilier 01/11/2001 1,92 m – 127 kg Marcq-en-B.
ALBINET Romain Talonneur 14/11/2005 1,85 m – 103 kg La Rochelle
IGLESIAS Santiago Talonneur 22/05/1993 1,79 m – 101 kg Marcq-en-B.
REYNAUD Joseph Talonneur 21/10/2000 1,85 m – 108 kg Marcq-en-B.