Tiré comme à son habitude à quatre épingles, une question de bienséance selon lui, Reinhold Würth, 91 ans, est étonné, ou plus probablement feint de l’être. « Vous me dites que je suis l’Allemand le plus riche ? Je n’en suis pas sûr… Ça fluctue selon les jours, mais je me place en général plutôt troisième ou quatrième. » Pourtant, à la fin janvier 2026, Forbes classait bien « le roi des vis et boulons » comme le premier des 272 milliardaires du pays, avec une fortune de 42 milliards d’euros.
Aussitôt, l’hebdomadaire Wirtschaftswoche, la bible des affaires, rappelait le destin hors du commun de ce self-made-man qui, contraint par son père à quitter l’école à 14 ans pour devenir son apprenti et unique employé, a transformé la quincaillerie familiale en un empire, Würth Group, leader mondial de la fabrication et distribution de matériel de fixation. Présent dans 80 pays avec 400 filiales, il a généré l’an dernier plus de 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
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Celui qui trouve le mot mécène « un peu exagéré » et qui préfère celui de « bienfaiteur » a aussi constitué au fil des décennies une des plus importantes collections d’art moderne et contemporain d’Europe. Mieux, depuis plus de trente ans, il donne à voir ses chefs-d’œuvre dans ses musées, quinze aujourd’hui, qu’il a adossés à ses usines et répartis sur le Vieux Continent, de l’Allemagne à l’Espagne, en passant par la Norvège, la Suisse, le Danemark… et la France, à Erstein, près de Strasbourg. Conçus par des architectes de renom, ils sont gratuits. C’est le patron qui l’a voulu, pour que ses salariés, comme le grand public, aient un accès sans limites à la culture.