l’essentiel
Marion Cottin et Yoann Bezkorowajnyj ont ouvert depuis le vendredi 7 août 2026 un bar à jeux rassemblant leur passion des jeux de société et des morceaux de leur chez-eux. Dès le premier week-end, l’engouement a pris possession du Dé Ambulant avec trois cents personnes attablées devant les plateaux. On vous explique.

Au cœur de la place du 8-Mai-1945, une nouvelle enseigne attire déjà les regards. Au Dé Ambulant, les dés roulent, les cartes s’abattent et les parties s’enchaînent autour d’une boisson ou d’une planche de charcuterie. Derrière le bar, Marion Cottin, 27 ans, et Yoann Bezkorowajnyj, 29 ans, concrétisent un projet imaginé de longue date : créer à Foix un lieu consacré à leur passion pour les jeux de société. « Nous l’avons appelé le Dé Ambulant, car nous imaginions un dé humanisé, comme un dé randonneur qui découvre et fait des rencontres », raconte Marion.

Ouvert vendredi 7 août, l’établissement a rapidement fait le plein. « Nous avons été un peu surpris, en 45 min, l’intérieur et la terrasse étaient complets. Alors que ce n’était pas vraiment le moment idéal pour ouvrir, entre Ingénieuse Afrique et les vacances », explique Yoann. Au total, 300 personnes ont franchi la porte durant le premier week-end, certaines revenant déjà plusieurs fois.

Depuis l'ouverture, le bar à jeux se constitue une clientèle fidèle.

Depuis l’ouverture, le bar à jeux se constitue une clientèle fidèle.
DDM – Cynthia BEAUCLAIR

Des caisses de vin transformées en étagères

L’aventure avait pourtant commencé en janvier 2025, avant d’être mise entre parenthèses. « Ce n’était pas le bon moment pour nous », confie Marion. Début 2026, le couple relance finalement son projet et trouve son local coup de cœur. « Je le fréquentais déjà en tant que cliente quand l’ancien commerce occupait les lieux, j’aimais déjà. Alors, nous avons mis toutes les chances de notre côté. »

Une fois les clés en main, Marion et Yoann ont voulu faire du lieu un prolongement de leur univers personnel. « À la maison, nos jeux sont rangés dans des caisses de vin. Le local possédait déjà ces caisses en bois, alors nous nous en sommes servis comme étagères. » Plantes, bois et nuances de vert composent une ambiance chaleureuse, décrite par Marion comme un « lieu cocooning ».

Sur les étagères, entre 150 et 200 jeux attendent les joueurs. « Nous aurions voulu en avoir plus dès le départ, mais nous avons dû faire une croix sur certaines aides, et nous avons par conséquent réduit certains pôles de dépenses ». Une boîte à idées permettra bientôt aux clients de suggérer de nouveaux jeux.

« Nous savions déjà qu’il y avait un intérêt »

Pendant les travaux, la curiosité des passants n’a cessé de grandir. « Nous savions déjà qu’il y avait un intérêt pour les jeux avec le Ragnar Ork encore en activité à ce moment-là, puis l’association Les Contes du Jeu ; puis, cette curiosité, on s’y attendait un peu, mais pas à ce point. »

Pour le couple, ce succès constitue aussi un soulagement. Tous deux ont quitté leurs emplois — assistante d’achat pour Marion et éducateur spécialisé pour Yoann — pour se lancer dans l’aventure. « Cela a constitué un vrai stress, pour nous comme pour notre famille. On quittait la sécurité de l’emploi et nous nous demandions quand même si ça allait fonctionner, si nous allions pouvoir payer nos factures. »

« Sur Foix, cela s’avère difficile d’en procurer une »

Reste désormais une difficulté administrative : la licence III. « Sur Foix, cela s’avère difficile d’en procurer une. Nous avons donc investi dans une licence restauration pour le moment. » Le dispositif impose de servir une boisson alcoolisée uniquement avec un repas. « C’est contraignant. Nous avons l’impression de pousser à la consommation. Ce n’est pas ce qu’on veut », assure Marion, qui espère voir le dossier avancer auprès de la préfecture. À terme, cette licence leur permettrait notamment de proposer du vin ou de la bière jusqu’à 18°.

Yoann imagine déjà une autre manière de faire vivre le concept. « Il voudrait relier son passé d’éducateur spécialisé et si possible aller à la rencontre des jeunes dans des structures sociales et médico-sociales. » Une façon, peut-être, de faire du Dé Ambulant un dé véritablement déambulant.

Contact : ledeambulant.fr