Sébastien Lecornu se rend ce lundi 17 août en Gironde pour évoquer la reconstruction du département après le mégafeu ayant ravagé des milliers d’hectares. Sa présence est fortement critiquée par les habitants, qui ne croient plus aux promesses du gouvernement.
Une visite susceptible de faire couler beaucoup d’encre. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, est attendu ce lundi 17 août, en Gironde, pour évoquer la reconstruction du département après le mégafeu ayant ravagé 42.000 hectares cet été.
Il devrait échanger avec le maire du Porge, Martial Zaninetti, avant une table ronde «avec les élus et les acteurs socio-économiques de la reconstruction» à Mérignac, dans l’agglomération bordelaise.
Une présence contestée par de nombreux habitants, en colère, estimant avoir été laissés à l’abandon. «On ne veut pas de lui ici. Ce sont des gens hors-sol, qui vont venir soi-disant écouter les gens du coin, mais en réalité ils ont déjà leur stratégie toute tracée», fulmine Philippe, un habitant du Porge de 56 ans, très affecté par la destruction des maisons de plusieurs amis, auprès de l’AFP.
faire «pression sur les assurances»
«Il nous a traités de complotistes. Va-t-il parler aux gens qui ont tout perdu ? Je ne crois pas», a-t-il ajouté. Cet habitant fait référence aux propos du Premier ministre affirmant : «la douleur des sinistrés est instrumentalisée par des complotistes sur les réseaux sociaux». Certains habitants estimaient que les autorités avaient sacrifié leurs maisons pour protéger le Porge.
Des restaurateurs, commerçants et artisans du Porge, dont les commerces ont fermé pendant dix jours au pic de la saison estivale, ont, eux, rédigé une lettre de doléances. Ils aimeraient la lui transmettre. «On lui demande de faire pression sur les assurances afin qu’elles nous indemnisent en prenant en compte la perte d’exploitation, même sans dégâts matériels», indique à l’AFP un restaurateur sous couvert d’anonymat.
«On souhaite aussi une exonération totale des charges auprès de l’Urssaf sur un trimestre, et une enveloppe exceptionnelle pour pallier notamment tout ce temps perdu à gérer de l’administratif et qu’on ne consacre pas à notre activité», énumère-t-il.
regret de ne pas «être invité»
Bruno Lafon, président de la DFCI (Défense des forêts contre l’incendie) Aquitaine, dont les équipes ont érigé plus de 120 km de pare-feu en abattant en urgence des milliers de pins fin juillet, «attend surtout des facilitations de réglementation» pour «mettre en place nos actions de prévention».
«Il faut des pare-feu dans des dimensions convenables pour le risque incendie et acceptables pour toutes les parties.»
Michel Bazin, représentant national des entreprises de travaux forestiers, qui avaient œuvré à la création d’une centaine de kilomètres de pare-feu en juillet, regrette de ne pas être invité à rencontrer le Premier ministre.
«Ce serait quand même dommage qu’ils ne reçoivent pas l’ensemble des gens ayant œuvré à la lutte contre cet incendie gigantesque», lance-t-il, disant espérer davantage de communication et de «cohérence», «sans attendre le dernier moment pour intervenir».
Sébastien Lecornu est également attendu à la fin du mois à Mayotte, du 26 au 27 août, pour faire un point complet sur l’avenir de l’archipel, un an après la loi de «refondation» du département dévasté par le cyclone Chido.