En surplomb des boucles de la Moselle et accolé à la forêt de Haye se dresse le dernier accumulateur à minerai de type Zublin subsistant en Lorraine. Cet impressionnant vestige construit dans les années 30 fait partie du carreau de la mine du Val-de-Fer , à Neuves-Maisons, en Meurthe-et-Moselle, et rappelle que le bassin de Neuves-Maisons occupait une place à part dans l’histoire de la sidérurgie et de la mine en Lorraine.

40 mètres sous terre

Le spectaculaire vaisseau de béton, à l’architecture unique en Europe, est ouvert au public depuis le mois de février, après avoir été réhabilité avec le soutien de l’EPFL, de la municipalité de Neuves-Maisons, et de la communauté de communes Moselle-et-Madon. Il est aujourd’hui intégré à la visite guidée de la mine du Val-de-Fer, ouverte en 1874 par Victor de Lespinats, fondateur de la Société métallurgique de la Haute-Moselle de Neuves-Maisons.

« La mine a été ouverte en même temps que l’usine sidérurgique et a arrêté toute exploitation en 1968 », explique Vincent Ferry, directeur de l’Agence du patrimoine et de la culture industrielle néodomienne (APCI) chargée de faire vivre le site et d’y développer un tourisme industriel. « Dans sa configuration initiale, la mine de Val-de-Fer s’étendait sur plus de 1 600 hectares et comptait entre 2 500 et 3 000 kilomètres de galeries, avec 800 mineurs qui y travaillaient. À partir de 1993, une galerie a été réhabilitée par d’anciens mineurs réunis au sein de l’association Atelier mémoire ouvrière, puis d’autres aménagements ont été réalisés par la suite sous l’impulsion de la municipalité et de l’APCI, pour engager la rénovation et la sécurisation d’autres galeries permettant d’accueillir du public dans des conditions optimales. »

Les visiteurs, accompagnés de guides, peuvent aujourd’hui parcourir 1, 5 km dans les galeries de la mine du Val-de-Fer, à quarante mètres sous terre et à une température comprise entre 8 et 10 degrés maximum. Selon Vincent Ferry, il s’agit des seules galeries de mine de fer datant du XIX e  siècle ouvertes au public en Europe. « Dès 1876 fut construite une voie de chemin de fer surnommée le «coucou» pour relier l’accumulateur Zublin à l’usine de Neuves-Maisons, toujours en activité, que l’on aperçoit en contrebas. La mine de Neuves-Maisons est l’une des mines de fer qui a servi à extraire le minerai pour la construction de la tour Eiffel. »

Chaque année, le site accueille 10 000 visiteurs. La visite de plus d’une heure débute par le Zublin, où le minerai était trié et stocké pour les besoins de l’usine de Neuves-Maisons qui a commencé par faire de la fonte puis de l’acier. Avec ses immenses cuves de 10 mètres de profondeur, l’accumulateur pouvait stocker 5 000 tonnes de minerai de fer.

Ensuite, coiffés d’un casque et invités à mettre un pull, les visiteurs sont conviés à pénétrer dans la galerie principale de la mine où trône une statue de sainte Barbe, protectrice des mineurs. Le parcours, qui passe par une galerie boisée, dévoile les difficiles conditions de travail des « gueules jaunes », avant la mécanisation des outils. Pelles, pioches, lampes à huile et wagonnets autrefois tirés par des chevaux, jalonnent ce parcours célébrant le patrimoine industriel. Une expérience rafraîchissante.

Adresse du site : rue du Val-de-Fer, à Neuves-Maisons (visites guidées payantes tous les jours à 10h, 11h et de 13h30 à 16h)