10 h 30, un samedi de fin juillet à Strasbourg. Derrière le comptoir du Sulky, Henri Curtal profite d’une accalmie pour gratter deux tickets. « Ça m’arrive de temps en temps. J’ai gagné dix euros, ça va » sourit-il.

Deux hommes poussent la porte du bar PMU, installé dans une rue piétonne, à deux pas de la place de l’Homme-de-Fer. « Salut mon frère, ça va ? Deux expressos », lance le premier. Chemise vichy bleue et sac noir en bandoulière, Camel ne perd pas de temps : « 20 euros placés sur le 2. Il sera dans les trois premiers, à coup sûr ! »

Son ami s’est déjà installé à l’une des tables en bois, face aux deux grands écrans qui diffusent les courses hippiques. Camel cherche son cheval dans le peloton. « Qui est devant ? Je ne vois pas le 2. C’est le 1, 4, 3. » Le vendeur de compléments alimentaires pour chevaux commence à douter. La course se termine. Verdict : 1, 7, 2. « J’ai doublé la mise », se félicite-t-il.

« Il n’y a que le travail qui rapporte »

Au Sulky, les clients – tous des…