Publié le
17 août 2026 à 20h02
Presque partout où vous allez, vous le remarquez : l’herbe est sèche et jaune. Et pour cause, il n’a presque pas plu pendant tout le mois de juillet. « Nous sommes en vigilance sécheresse depuis le 20 juin 2026 en raison d’un arrêté préfectoral », rappelle Frédéric Weisz, président du syndicat mixte du bassin-versant de l’Arques, qui regroupe les rivières de l’Arques, qui arrive à Dieppe (Seine-Maritime), la Béthune, l’Eaulne et la Varenne. Cette vigilance, sur les zones Saâne – Vienne – Scie -Varenne – Arques et Yères – Aulne, n’impose pas de restrictions particulières, mais incite à l’économie de l’eau.
En revanche, le pays de Bray, dès Dampierre-Saint-Nicolas et Meulers jusqu’à Gournay-en-Bray et la vallée de la Bresle sont en alerte sécheresse depuis le 20 juillet. Il y est interdit d’arroser des espaces verts, jardins et terrains de sport entre 11 h et 18 h, mais aussi de laver sa voiture ou de remplir sa piscine.
« L’eau est un bien rare aujourd’hui »
« L’eau est un bien rare aujourd’hui, il faut le protéger et faire attention à ses usages », souligne Frédéric Weisz. Sur le secteur dont s’occupe le syndicat, ce sont les rivières de l’Eaulne et la Béthune qui sont plus particulièrement surveillées.
Alors que les cours d’eau sont actuellement en période d’étiage, c’est-à-dire lorsque les débits diminuent, ces mêmes débits ont un niveau très bas. « Pour l’Eaulne, nous sommes à 1,30 m3 par seconde, c’est divisé presque par trois », constate le président du syndicat.
Sur la Béthune, alors que le débit moyen en période d’étiage est de 1,17 m3 par seconde, ce taux est aujourd’hui de 0,90. « Les débits vont encore baisser jusqu’en septembre », souligne Julien Edde, agent technicien rivières au syndicat du bassin-versant.
« Sur l’amont c’est critique, mais sur l’aval ça va encore », explique Frédéric Weisz, qui ajoute qu’il existe des craintes sur certains affluents, comme le Bailly-Bec, qui se jette dans l’Eaulne.
« Des riverains peuvent constater que le niveau de l’eau est haut et ne s’inquiètent pas, mais il y a une différence entre le niveau et le débit de l’eau », précise Julien Edde.
Des proliférations de plantes
La Varenne et l’Arques se portent bien toutefois. « En aval, il y a beaucoup de ballast sous nos pieds qui stocke l’eau dans les sous-sols », explique le technicien.
Les substrats argileux sur la Béthune en revanche ne permettent pas cela. « On ne mesurera qu’à la fin de l’été si les niveaux sont quinquennaux ou décennaux, mais ce n’est pas commun de ne pas avoir de pluie depuis juin », ajoute-t-il.
Autre élément qui peut perturber le débit : les plantes aquatiques. « Avec le soleil et l’absence de pluie, il y a un développement des végétaux dans les cours d’eau. Cela fait un frein à l’écoulement », note Julien Edde. Ces plantes vont se détacher des cours d’eau à l’automne.
Si d’autres régions en France et en Normandie souffrent plus de la sécheresse que la Seine-Maritime, le syndicat du bassin-versant reste vigilant.
« Nous aurons notre rôle à jouer dans les prochaines années, appuie Frédéric Weisz. Sur comment gérer l’eau, restaurer les zones humides, stocker l’eau, travailler avec les agriculteurs pour limiter la pression dans les zones de sécheresse, restaurer des mares… »
Éviter les conflits d’usage
Bien que le syndicat ne soit pas propriétaire du foncier aux abords des rivières, il est « force de proposition » pour porter des projets qui seront bénéfiques à la Varenne, l’Eaulne, la Béthune ou l’Arques et ceux qui l’utilisent.
« Nous travaillons sur des zones d’expansion des crues », cite Frédéric Weisz. Car avec le dérèglement climatique, ce ne sont pas seulement les sécheresses qui devraient s’accentuer dans les prochaines années mais aussi les crues.
« Notre rôle sera d’être vigilant, de collaborer avec les agriculteurs et les propriétaires, pour avoir un grand cycle de l’eau qui protège, et une ressource à disposition, afin qu’il n’y ait pas de conflits d’usage », insiste le président du syndicat.
D’après lui, une « nouvelle hiérarchie des usages » de l’eau se dessine aujourd’hui : « Les activités industrielles vont être impactées plus que les activités agricoles », estime-t-il.
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