REPORTAGE – Ni réclamés par la Russie ni soutenus par leur pays d’origine, ces prisonniers de guerre redoutent de tomber dans l’oubli.

Philipp a le regard triste et déconcerté de celui qui réalise tout juste le guêpier dans lequel il s’est plongé. « Est-ce que le front bouge ? Et les négociations ? », demande timidement le Ghanéen. Derrière ses lunettes reliées par un cordon, l’ancien graphiste reste songeur. S’il avait su, quand il était encore à Accra, où le mènerait cette imprimante rare et à bon prix repérée sur un site ghanéen de vente entre particuliers… Le vendeur était si engageant. Il lui fallait simplement venir la récupérer en Russie. L’occasion d’une échappée, a pensé Philipp, qui n’avait encore jamais pris l’avion.

Deux semaines après son arrivée en Russie, il s’est retrouvé dans l’armée russe. Après huit mois dans une caserne, il était projeté sur le front de Zaporijjia, en Ukraine. Il s’est rendu à la première occasion, moins de 48 heures plus tard. Et voilà où cela a fini : dans ce dortoir sans âme d’un camp de prisonniers à l’ouest de l’Ukraine. Pris dans le piège absurde d’une guerre…

Cet article est réservé aux abonnés. Il vous reste 85% à découvrir.

Le Figaro

Vous avez envie de lire la suite ?

Débloquez tous les articles immédiatement.

Déjà abonné ?
Connectez-vous