Denis Auguin avait le sourire au moment de faire le bilan des Bleus, dimanche, à l’Euro de natation. Il faut dire qu’avec 11 médailles dont quatre titres, la France s’inscrit dans la continuité de ce qu’elle avait accompli à Rome en 2022 (13 médailles dont 3 en or) malgré des difficultés en cours de route. « On a un bilan plutôt satisfaisant et intéressant, a estimé le directeur technique national tricolore. Le bilan comptable en médailles aurait pu être un peu plus performant si on avait eu l’intégralité de nos forces mais on fait avec les aléas des blessures. »
Des manques chez les féminines
Quelques semaines avant le rendez-vous continental de l’été, ses tauliers Léon Marchand et Maxime Grousset, se sont blessés consécutivement rendant leur participation aux championnats d’Europe incertaine. « Une équipe c’est quelque chose de vivant, donc s’il y a des résultats, ça a tendance à dynamiser l’équipe, et si c’est un peu plus laborieux, ça peut être un peu plus compliqué à inverser la vapeur », craignait Denis Auguin sur le début de la compétition. Pourtant, tous deux ont répondu présent, et de belle manière. Le premier a été sacré double champion d’Europe, notamment sur le 400 m nage libre qu’il a découvert en compétition internationale, le second a décroché quatre médailles de chaque métal (une en or, deux en argent sur le papillon, une en bronze sur le relais).
Mieux encore, le rendez-vous continental organisé en France, avec un public survolté, a poussé chaque nageur à donner le meilleur, surtout chez les jeunes pousses qui découvraient parfois ce haut niveau. « La jeunesse apporte de la densité, et on va en avoir besoin aux Jeux », estime la FFN. Nathan Muratory et Jeanne Lechevalier sortaient des championnats d’Europe juniors et ont fait le plein d’expérience notamment pour le nageur de 18 ans, auteur du record du monde U18 du 200 m dos. Sauveur Cristofini, 16 ans, repart avec une belle médaille d’argent, et une forte impression pour la suite. Quant à Mary-Ambre Moluh, 20 ans, elle a confirmé les espoirs placés sur ses épaules. « L’objectif principal c’est de créer de l’émergence au sein de l’équipe de France », a rappelé la Fédération française de natation dans un contexte où le niveau européen s’est encore élevé.
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Tout au long de la semaine, plusieurs nageurs ont rappelé qu’il y a un an à Singapour, ils ne devaient pas nager aussi vite pour entrer en finale mondiale, montrant que l’Europe a encore pris du galon. Malgré cela, les Bleus ont fait preuve de solidité, notamment en dos où la France continue de s’affirmer (4 médailles), même s’il y a eu des déceptions notamment avec Yohann Ndoye-Brouard, reparti bredouille en individuel.
Si le dos français est en forme, il reste des carences à combler. Mais ce n’est pas une nouveauté, avec la retraite d’Anastasia Kirpichnikova, le demi-fond féminin n’a pas vraiment de relève, et Chloé Braun n’est pas encore au niveau en brasse. Quant au 100 m nage libre, Maxime Grousset avait fait l’impasse pour une question de programme et n’a pas vraiment de successeur établi. De quoi s’inquiéter à deux ans des Jeux olympiques de Los Angeles ? « On ne bouchera pas les trous d’ici les Jeux, il faut être honnête. L’idée c’est que dans les disciplines où on est performant, on veut élever le niveau de ces nageurs », a prévenu le DTN qui veut faire de la France « la meilleure nation européenne dans deux ans. » Le temps presse.