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Le 7 août, le ministère des Transports a ouvert la voie à l’homologation des robots de livraison autonomes en France, permettant leur circulation sur la chaussée. Soben, entreprise lotoise, voit là une opportunité pour ses robots ciTHy, déjà testés en Europe, de répondre aux défis du dernier kilomètre en centre-ville. Son fondateur Benjamin Talon explique cette « bonne nouvelle ».
Une petite révolution réglementaire se prépare sur les routes françaises. Le 7 août, le ministère des Transports a publié un arrêté ouvrant, pour la première fois, la voie à l’homologation de petits robots de livraison routiers autonomes. Jusqu’ici, ces véhicules ne pouvaient circuler que dans le cadre d’expérimentations ponctuelles.
Une avancée que suit de près Soben, installé à Fontanes, à vingt kilomètres au sud de Cahors, puisque l’entreprise travaille depuis six ans avec le ministère des Transports. Ses robots ciTHy, conçus pour transporter des charges, sont déjà expérimentés dans plusieurs villes et pays européens.
« Désormais, on a un cadre réglementaire sur lequel on peut se raccrocher. Avant, on avait uniquement des autorisations à titre expérimental. On homologuait les expérimentations, alors que maintenant on va pouvoir homologuer les véhicules et aller plus vite dans le développement expérimental », explique Benjamin Talon, président de Soben. Pour autant, l’arrêté ne signifie pas que les robots autonomes pourront circuler librement demain partout en France.
Quatre gammes de robots
Dans l’usine de Fontanes, les robots sont aujourd’hui produits en petites quantités. « Ce sont des productions limitées étant donné que ce ne sont que des expérimentations. On n’a pas le droit de les vendre encore, ce sera plutôt à l’horizon 2030 », ajoute le chef d’entreprise.
Cette échéance constitue donc un objectif majeur pour l’entreprise lotoise. Soben travaille notamment à développer différentes tailles de ciTHy, adaptées aux besoins. La gamme va du modèle S, capable de transporter 50 kg, au modèle XL, qui peut embarquer jusqu’à 600 kg, en passant par les versions M (150 kg) et L (300 kg).
« On va utiliser les robots en fonction des cas d’usage. Quand c’est pour porter des sandwichs, on utilise des petits. Et quand on aide à transporter les chargements, pour réapprovisionner des supérettes, par exemple, on utilise des très gros », détaille Benjamin Talon. Avant d’ajouter : « La principale mission des robots, c’est le réapprovisionnement des commerces de centre-ville : les camions restent en dehors de la ville et nos robots vont livrer les derniers kilomètres », explique le président de Soben.
70 robots expérimentaux répartis en Europe
D’autres versions sont destinées aux particuliers, avec des casiers permettant de déposer directement les commandes. Les robots pourraient également accompagner les personnes âgées ou en situation de handicap, en transportant leurs courses ou leurs charges lors de déplacements en ville.
Cette technologie est déjà utilisée à titre expérimental. “Aujourd’hui, on a 70 robots qui sont répartis un peu partout en Europe, principalement auprès des postes européennes qui utilisent nos robots pour livrer des colis mais aussi récupérer les colis pour pouvoir les livrer”, indique Benjamin Talon.

Les robots ciTHy peuvent être utilisés pour livrer des colis ou encore pour aider des personnes âgées à porter leurs charges.
Photo autorisée pour La Dépêche du Midi – Benjamin Talon
Des ciTHy circulent notamment en Slovaquie, en Slovénie, en Allemagne, en Suède, en Finlande ou encore dans des stations de ski en Suisse. En France, des expérimentations sont menées à Montpellier et sur le campus Paul-Sabatier, à Toulouse.
Pour Soben, l’enjeu des prochaines années sera désormais de poursuivre les expérimentations et de fiabiliser la technologie. « On va vérifier ce qu’on a fait en termes d’efficacité, retenir les incidents, c’est-à-dire les fonctionnements qui ne sont pas tout à fait normaux, et cela va nous permettre d’améliorer le comportement des robots et leur fiabilité”, détaille le chef d’entreprise.
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Car si la réglementation du 7 août constitue une première étape, elle ne règle pas encore toute la question de l’autonomie. L’homologation concerne pour l’heure la base mécanique du véhicule. Soben doit encore travailler avec le ministère sur l’ADS, le système permettant au robot de se déplacer de manière autonome, qui devrait arriver en 2030.
À terme, l’objectif est de démontrer la sécurité totale du véhicule autonome. “2030, c’est le moment où, probablement, on sera capable de démontrer qu’un véhicule autonome est sûr. C’est-à-dire qu’en aucun cas, il y aura un accident qui sera lié au véhicule autonome”, estime le dirigeant.
Pour l’heure, les robots de Soben restent donc des expérimentateurs. Mais avec ce nouveau cadre réglementaire, le projet lotois franchit une étape supplémentaire. “Cette réglementation, c’est juste le début de l’ouverture de la porte, ce n’est pas la finalité”, résume Benjamin Talon.