Par
Glenn Gillet
Publié le
30 juil. 2026 à 15h52
Séisme dans le monde de la grimpe en région parisienne. La société exploitant le Climb Up d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), plus grand site commercial d’escalade en intérieur de France, a été placée en redressement judiciaire. Le fonctionnement de la salle (horaires, cours…) va rester inchangé pour le moment, mais « une période d’observation de six mois – renouvelable – a été ouverte, sous l’accompagnement d’un mandataire judiciaire », indique ce jeudi 30 juillet 2026 auprès d’actu Paris le groupe Climb Up, disant par ailleurs avoir lui-même sollicité la procédure auprès du tribunal.
« Un contexte économique profondément transformé »
Cette situation concerne la « société de tête du groupe », Climb Up Investissements, et quatre sociétés d’exploitation regroupant cinq salles en tout en France, comme l’ont révélé mercredi les médias spécialisés Vertige et Planet Grimpe : celle d’Aubervilliers, donc, mais aussi une autre Francilienne, à Cergy, ainsi que celles de Caen, Orléans et Mulhouse. Les autres salles franciliennes de Paris Porte d’Italie et d’Épinay-sur-Seine ne sont pas concernées.
« Dans un contexte économique profondément transformé » du fait du ralentissement de la croissance dans le secteur des salles d’escalade après le boom qui a suivi la crise sanitaire du Covid, « cette décision constitue une démarche de gestion responsable », fait valoir Climb Up. « Elle permet au groupe de poursuivre normalement son activité tout en bénéficiant du temps nécessaire pour adapter son organisation, rééquilibrer sa structure financière et poursuivre son développement dans un cadre sécurisé », développent les dirigeants.
Leader du marché des salles d’escalade multi-activités (bloc et voies) en France, le groupe Climb Up, basé à Lyon, exploite aujourd’hui 33 sites en France. Ouvert sept jours sur sept depuis avril 2022, celui d’Aubervilliers possède une surface au sol de 6 300 mètres carrés et 4 800 mètres carrés de surface grimpable. Il compte 200 lignes de corde destinées à la pratique de voie avec des murs allant jusqu’à 10 mètres de haut, un espace de bloc long de 170 mètres et un espace ludique pour les enfants et les familles.
Climb Up veut « adapter ses coûts, son organisation et son parc de salles »
Pour restructurer ses activités, le groupe Climb Up affiche sa volonté de travailler autour de trois priorités : « renforcer la qualité de l’accueil, la sécurité et l’expérience proposée aux client (e) s, retrouver de la fréquentation et améliorer la transformation commerciale » et enfin « adapter ses coûts, son organisation et son parc de salles », laissant ainsi entendre que des fermetures définitives sont possibles.
« Aujourd’hui, nous ouvrons une nouvelle étape de son histoire. Nous faisons le choix d’agir rapidement pour renforcer notre modèle, préserver ce qui fait notre force et continuer à développer l’escalade partout en France. Cette procédure (de redressement judiciaire, NDRL) est un outil qui doit nous permettre de préparer l’avenir dans les meilleures conditions », a réagi François Petit, fondateur du groupe Climb Up.
La nouvelle du redressement judiciaire intervient après le retrait de la chaîne Vertical’Art de la scène de l’escalade à Paris en 2024, avec la fermeture de la salle de Pigalle (18e arrondissement) et le passage de celle de Chevaleret (13e) sous pavillon Arkose, groupe concurrent.
En parallèle du freinage du marché, des grèves avaient éclaté au printemps 2025 dans plusieurs salles, organisées par des employés souhaitant dénoncer des conditions de travail jugées dégradées et marquées par une trop grande charge de travail et des pratiques managériales violentes. Le Climb Up d’Aubervilliers fut le premier site concerné fin mars 2025, suivi dès le mois suivant par toutes les salles parisiennes de la franchise Climbing District. Une nouvelle grève avait eu lieu à Aubervilliers en mars 2026.
On compte aujourd’hui une trentaine de salles d’escalade commerciales à Paris et dans les départements limitrophes, dont une vingtaine dans la capitale.
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