Le 4 juin, le corps de Lyhanna, collégienne de 11 ans disparue cinq jours plus tôt, a été découvert dans le Gers. Jérôme Barella, 41 ans, déjà visé par plusieurs plaintes pour des infractions à caractère sexuel sur des mineurs, a été mis en examen pour viol et meurtre, le 15 juillet. Après la révélation de carences dans la prise en charge des victimes mineures, une vive émotion s’était emparée du pays. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, avait alors exigé un audit sur le stock de dossiers, qui avait révélé l’existence de 85 047 plaintes en cours de traitement pour violences sexuelles sur mineurs en France. Au parquet de Nantes, comme ailleurs, une «task force» a été constituée afin d’éplucher des centaines de procédures en souffrance.

Presse Océan : combien de procédures jugées graves ont été découvertes à Nantes après l’affaire Lyhanna ?

Antoine Leroy : « Sur 1 060 procédures, on en a une dizaine qu’on est content d’avoir pu prendre en main tout de suite. C’est un chiffre important, et en même temps il est relativement faible au regard de toutes les procédures qui ont pu être étudiées. Mais nous n’avons pas d’auteur qui aurait récidivé malgré les alertes ».

À quoi correspond exactement ce chiffre de 1 060 ?

« La chancellerie avait demandé aux différents parquets de faire un point sur tous les dossiers d’infractions à caractère sexuel commises sur des mineurs. Toutefois, la chancellerie n’ayant accès qu’à un seul outil informatique (Pharos), la demande portait sur les affaires envoyées dans les services d’enquête sans retour et donc sans décision prise. Il y en avait pour Nantes un peu plus de 800. »

Pourquoi en avez-vous épluché davantage ?