Posted On 18 août 2026
« La situation du patrimoine des arbres grenoblois n’est vraiment pas réjouissante ». L’aveu, publié le dans le Dauphiné Libéré, n’émane pas de l’opposition : il est signé Gilles Namur, adjoint (Verts) au cadre de vie, à la biodiversité et aux mobilités, reconduit sans interruption d’Éric Piolle à Laurence Ruffin. Face au changement climatique, celui qui a supervisé l’abattage de dizaines d’arbres matures depuis 12 ans se découvre soudain inquiet pour le patrimoine arboré. Mais le vrai danger pour les arbres grenoblois n’est pas tant la météo que la politique destructrice des Verts menée depuis plus d’une décennie.
LE BOURREAU DEVENU PROTECTEUR AUTOPROCLAMÉ
Car ce même adjoint a personnellement porté certains des abattages les plus contestés de la ville. À l’Ile Verte, rue Aimon de Chissée, une allée entière de peupliers a été détruite pour faire une « place aux enfants » bitumisée. Place Victor Hugo, 19 marronniers centenaires, pas tous malades, ont été sacrifiés pour remodeler les lieux. Place de la Gare, les splendides cerisiers du Japon ont cédé la place à l’autoroute à vélos. À la piscine Jean Bron enfin, les grands arbres qui offraient un îlot de fraîcheur n’ont pas été préservés durant les travaux.
À Bouchayer-Viallet, un grand arbre abattu pour rien parce que les Verts sont incapables d’organiser leurs travaux pour l’éviter
GRENOBLE, CHAMPIONNE DE FRANCE DES ÎLOTS DE CHALEUR
Et pendant que le bourreau Namur s’alarme du changement climatique à venir, il se garde bien de rappeler un fait établi depuis 2022 : Grenoble est, selon le CNRS et Météo-France, la première grande ville de France hors Paris pour les îlots de chaleur urbains. Un record décroché la même année que l’obtention, par la municipalité Piolle, du label « capitale verte européenne » ce qui en dit long sur la pertinence de ce dernier. La ville continue de suffoquer chaque été, sans qu’aucune remise en question sérieuse n’ait jamais été tiré de cette contradiction entre discours et réalité.
LA BÉTONISATION AU DÉTRIMENT DES ARBRES
Car si Grenoble caracole en tête de ce classement, elle le doit à sa propre politique de densification à marche forcée, menée par les Verts. Chaque programme immobilier, chaque « dent creuse » comblée, chaque espace public rogné pour construire grignote un peu plus les îlots de fraîcheur et les arbres qui rafraîchissaient naturellement la cuvette grenobloise. Namur peut bien s’émouvoir du changement climatique : sa propre majorité en a additionné, mètre carré après mètre carré, les causes les plus concrètes, au nom d’un urbanisme qui a fait du patrimoine arboré un accessoire tout juste bon à passer par pertes et profits.
Place de Metz : les arbres abattus l’an dernier ! Comme si les travaux de la place n’auraient pas pu être organisés pour les préserver
L’HÉCATOMBE DES ESPACES DE RESPIRATION
Les exemples ne manquent pas. À Jean Macé, le jardin public Tarze, longtemps laissé à l’état sauvage et qui compte plusieurs grands arbres, voit ses 5 000 m² amputés par un immeuble voulu par la municipalité. Même logique à la Presqu’île, écoquartier vitrine construit sur du bitume, avec moins d’1 m² d’espace nature par habitant. À la caserne de Bonne, 1 200 logements n’ont généré que 1,4 hectare de parc supplémentaire. Et la liste serait encore longue.
LES CHIFFRES VOLONTAIREMENT FLOUS DE NAMUR
Namur revendique 17 000 arbres plantés depuis 2014, pour un total de 46 000 aujourd’hui, tout en concédant, sans donner de chiffre précis, que des plantations sont mortes sur la même période. Impossible donc de connaître le solde net réel du patrimoine arboré grenoblois. Le précédent de Beauvert éclaire cette opacité : la municipalité y avait dépensé 60 000 euros pour planter une prétendue « forêt urbaine » de 900 m², via une technique expérimentale de sols reconstitués à partir de sédiments fournis par EDF. Le bosquet était entièrement mort un an plus tard.
Sur les 5500 plants mis en terre quartier Mistral, 70 % sont morts avait révélé Place Gre’Net... Tout ça est comptabilisé dans les chiffres de Namur !
« LA PRIORITÉ DES PRIORITÉS » QU’IL NE RESPECTE PAS LUI-MÊME
L’adjoint bien connu pour son arrogance affirme également que la priorité absolue consiste à préserver le patrimoine arboré existant plutôt que de miser sur des plantations qui mettront des décennies à produire les mêmes bienfaits qu’un arbre mature. Un principe que sa propre majorité, lui en tête, s’obstine à ignorer ! Déjà il y a 5 ans, le groupe d’opposition mené alors par Alain Carignon proposait de sanctuariser les espaces nature encore existants à Grenoble. À chaque fois Namur et les Verts ont repoussé la proposition, tandis que les arbres continuaient et continuent de tomber au gré de leurs projets d’urbanisme bétonisateur.
LA TECHNIQUE DU BOUC ÉMISSAIRE
Summum de la tartufferie : il ose reprocher à l’architecte des Bâtiments de France d’avoir refusé la plantation d’un arbre devant la cathédrale Notre-Dame, estimant que l’État devrait mieux prendre en compte le changement climatique dans ses avis. Toujours cette manière de voir la paille dans l’œil du voisin pour en faire un bouc-émissaire extérieur, pour ne pas voir la poutre dans le sien et sa responsabilité directe de la disparition de dizaines d’arbres matures partout dans la ville !
30 ANS D’URBANISME VERT ONT CONDUIT LÀ
Sur les 30 dernières années, l’urbanisme grenoblois a été piloté 24 ans par les Rouge/Verts, dont 12 ans sans interruption depuis l’arrivée d’Éric Piolle en 2014. Gilles Namur, lui, a traversé les mandatures vertes sans jamais quitter son poste, de Piolle à Ruffin. Ce n’est donc pas un hasard de calendrier qui explique aujourd’hui son inquiétude soudaine pour les arbres grenoblois : c’est le même homme, au service du même projet politique, qui recycle un discours écologiste quand les faits qu’il a lui-même produits deviennent trop embarrassants à assumer.