Manuel Bompard en juin 2026 à Paris.

ADNAN FARZAT / NurPhoto via AFP

Manuel Bompard en juin 2026 à Paris.

Saisira-t-elle la main tendue ? Après un été chaotique, marqué non seulement par les feux de forêt et les vagues de chaleur hors norme mais aussi par le fiasco autour de sa vraie-fausse démission, Monique Barbut a reçu une invitation surprenante.

À la veille d’une rentrée politique chargée, le coordinateur national de La France insoumise, Manuel Bompard, a proposé à la ministre de la Transition écologique de venir débattre aux universités d’été du parti, qui se tiennent à la fin de la semaine dans la Drôme. « Je trouve que c’est bien qu’on puisse débattre. Ce qu’elle a dit est intéressant. L’écologie doit être au cœur de toutes les politiques publiques », a-t-il déclaré sur BFMTV, citant notamment la proposition d’éco-régions mise dans le débat à l’occasion de l’élection présidentielle.

Cette invitation ne vient pas de nulle part. La veille, Monique Barbut avait surpris son monde en déclarant, dans une interview à Libération, que Jean-Luc Mélenchon « est celui qui intègre le plus la question du climat dans ses propositions économiques et sociales ». Levée de boucliers au sein du camp présidentiel, mais aussi à droite et à l’extrême droite, où on reproche à la ministre de donner le point à un adversaire politique.

Pour l’ancienne présidente de WWF, engagée de longue date pour la protection de la biodiversité, « les conséquences du dérèglement climatique vont devenir une des principales causes d’injustice sociale : ceux qui travaillent dehors en pleine canicule, ce ne sont pas les plus riches ». « Voilà pourquoi je ne suis pas d’accord avec les responsables politiques qui n’ont qu’une approche technologique de la question environnementale », avait-elle ajouté, ciblant là sans les nommer Gabriel Attal ou Édouard Philippe, pourtant candidats de son camp politique.

« Pas d’accord sur tout »

À La France insoumise, on se réjouit de cette prise de position pour le moins inattendue… et on compte bien surfer dessus. « Ce serait bien pour le pays tout entier qu’on débatte de mesures écologiques, du programme de Jean-Luc Mélenchon, de ses propositions à elle. On ne sera peut-être pas d’accord sur tout », explique Manuel Bompard.

Ce ne serait pas une première pour le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, puisque plusieurs figures macronistes ont fait le déplacement jusqu’à Valence par le passé. En 2022, les ministres Olivia Grégoire, Marlène Schiappa et Clément Beaune avaient débattu avec des cadres de La France insoumise. La même année, Rachida Dati s’était aussi rendue aux amfis.

Manière pour le mouvement de gauche de créer l’événement à la rentrée en attirant des personnalités politiques de premier plan, et donc de mettre en scène sa centralité dans le débat public. Pour l’heure, la ministre Monique Barbut n’a pas répondu à l’invitation. Pas sûr que son agenda chargé (incendies, sécheresse, santé environnementale…) lui permette un tel déplacement.