La grève des hôtesses et stewards d’EasyJet France a laissé plusieurs passagers sur le carreau ce week-end, alors que 98 vols étaient annulés au départ de la France.

Le week-end du 15 août – l’un des plus chargés de l’été – aura viré au cauchemar pour des centaines de voyageurs d’EasyJet. Appelés à la grève par une intersyndicale réunissant le SNPNC-FO, l’UNPNC-CFDT et l’UNAC-CFE-CGC, les personnels navigants commerciaux (PNC) de la compagnie ont massivement suivi le mouvement. Selon le syndicat SNPNC-FO, 68 % des PNC programmés ce week-end s’étaient déclarés grévistes. À Lyon, la mobilisation aurait même atteint 80 %.

Pour limiter les perturbations, l’opérateur britannique avait annoncé dès le vendredi 14 août l’annulation préventive d’une centaine de vols au départ de la France. Au total, 98 vols ont été annulés sur le week-end, dont 47 le samedi et 51 le dimanche. Contactée par Le Figaro, la compagnie affirme avoir informé directement les voyageurs concernés et leur avoir proposé «plusieurs solutions, dont un transfert gratuit sur un autre vol ou un remboursement», ainsi que la prise en charge de l’hébergement lorsque nécessaire. Certains passagers livrent toutefois un récit bien différent.


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«Nous avons tous dû nous débrouiller pour trouver un hôtel et un vol»

Lycéenne de 18 ans, Julia devait prendre un vol au départ de Barcelone pour rejoindre Bâle le 14 août au soir. Après un premier retard annoncé de trente minutes, les passagers gagnent le couloir d’accès à l’avion, «avant d’être finalement invités à faire demi-tour», raconte-t-elle. Une quarantaine de minutes plus tard, l’annulation est confirmée.

La jeune femme affirme qu’aucune solution immédiate ne lui est proposée, si ce n’est un autre vol plusieurs jours plus tard : «Le prochain vol disponible avec eux était le mercredi 19 août, c’était inenvisageable pour moi». Avec son amie, elle doit alors organiser elle-même son retour. Hôtel réservé dans l’urgence, taxis, nouveau billet d’avion : «Nous avons tous dû nous débrouiller pour trouver un hôtel et un vol». Elle choisit finalement une autre compagnie, faute de disponibilité chez EasyJet.

À deux, elle estime la facture à environ 2000 euros, entre les billets, l’hôtel, les taxis et les repas. «En tant qu’étudiante, c’était très compliqué de devoir sortir une telle somme», raconte-t-elle.

Plus de 11 heures d’attente à Tenerife

Des passagers patientent dans le couloir d’accès à un avion EasyJet à l’aéroport de Barcelone, avant l’annulation de leur vol, le 14 août.
Julia

D’autres passagers racontent avoir dû, eux aussi, organiser leur retour par leurs propres moyens, parfois au prix d’une longue attente. Jules Duthu, étudiant et nageur de 21 ans, devait rentrer en France depuis Tenerife le dimanche 16 août avec un vol prévu à 11h50. Prévenu de l’annulation la veille de son départ, il dit avoir contacté l’assistance EasyJet, sans parvenir à obtenir de solution. «L’agent m’a indiqué n’avoir aucune solution à me proposer avant de clôturer la discussion», raconte-t-il.

Avec les autres voyageurs qui l’accompagnaient, il a alors dû chercher lui-même un nouvel itinéraire. Le groupe a finalement pris un premier vol avec une autre compagnie jusqu’à Édimbourg, avant de poursuivre vers Paris-Charles-de-Gaulle avec une seconde compagnie. Une succession de vols qui leur a surtout imposé une longue attente à l’aéroport de Tenerife : leur voiture de location devant être rendue le matin et leur appartement déjà quitté, ils ont dû patienter de 9 heures à 21 heures sur place. «C’était une très longue journée».


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2000 euros de frais supplémentaires

Julie Masson a elle aussi vu son retour de Tenerife bouleversé par les perturbations. L’apprentie de 24 ans devait quitter l’île le samedi 15 août pour rentrer à Lyon, mais l’annulation de son vol l’a contrainte à prolonger son séjour. Avec son compagnon, elle a dû trouver une solution de remplacement et racheter des billets auprès d’une autre compagnie, avec une escale.

Le couple devait en effet reprendre le travail dès le lundi. «Nous devions travailler ce lundi et avons un avion aujourd’hui avec une autre compagnie», explique Julie. Une solution qui leur permet finalement d’envisager le retour, mais au prix de dépenses conséquentes : «Nous sommes à environ 2000 euros de frais supplémentaires pour deux», estime-t-elle.

Dans le détail «le vol nous a coûté 1300 € pour 2 personnes, sans bagages bien sûr car c’est du low-cost», s’agace Julie, auquel s’ajoutent les dépenses engendrées par ces quelques jours supplémentaires à Tenerife : environ 200 euros le coût de la prolongation de leur location de voiture, à peu près 300 euros celui de leur Airbnb, sans compter les repas.

Des frais que la compagnie affirme pouvoir prendre en charge sous certaines conditions. «Les passagers concernés peuvent bénéficier de la prise en charge de frais associés sur présentation de reçus de paiement valides et lisibles», précise EasyJet, qui renvoie vers sa procédure de remboursement. Reste à savoir, pour les passagers concernés, combien de temps il faudra encore attendre avant de récupérer les sommes avancées.

Des remboursements qui se font attendre

Le problème ne date en effet pas d’hier. À la sortie de la crise sanitaire, plusieurs compagnies à bas coûts avaient déjà été épinglées pour leurs difficultés à rembourser les passagers en cas de retards ou d’annulations. Contactée par Le Figaro, Grace Bassangui, chargée de relations clients de 27 ans, témoigne d’une expérience similaire. Son vol EasyJet entre Paris-Charles-de-Gaulle et Nice, prévu à 21 heures à l’occasion du week-end du 14 juillet, avait été annulé seulement une heure et demie avant le décollage. Avec son amie, elle dit avoir attendu près de trois heures au guichet avant d’apprendre qu’aucun hôtel ne leur serait finalement proposé.


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Faute de réacheminement proposé par la compagnie, les deux voyageuses ont dû trouver elles-mêmes un hôtel, pour 60 euros la nuit, et organiser leur trajet vers Nice. Au total, la jeune femme estime ses frais supplémentaires à environ 280 euros. Près d’un mois plus tard, elle n’a toujours pas été remboursée. Pour ces voyageurs, reste désormais l’attente du remboursement des frais engagés.