À l’entrée de la ferme pédagogique du Roy d’Espagne ce lundi 17 août, un père avec ses deux filles patiente. L’été, ce lieu appartenant à la municipalité ouvre ses portes trois fois par semaine. Stéphane, électricien, accompagné de ses filles Suzie et Tabatah, s’installe dans le canapé en cuir clair devant l’enclos des chèvres.

Il a acheté des tomates, des courgettes et des œufs qu’il apprécie, comme beaucoup ici, particulièrement. Frais et bio, les œufs viennent des poules qui caquettent dans le poulailler d’à côté. Un circuit du producteur au consommateur singulièrement court. « Ce que j’apprécie ici, c’est qu’on voit ce qui pousse » décrit Stéphane, « et c’est un lieu que j’aime, je prends le temps avec mes enfants, elles regardent les animaux et moi je profite du canapé. » Suzie grimpe sur ses genoux pendant que sa grande sœur nous dévoile avec aplomb son animal préféré : la scolopendre. Son papa rigole. Et dans les animaux présents à la ferme ? « Les ânes. Mais parfois, ils les mettent ailleurs. »

Des légumes aux animaux, un petit écosystème marseillais

On part en exploration. À l’entrée, l’odeur musquée des chèvres et des moutons pose le cadre. Quelques mètres plus loin, on rencontre les fameuses poules et passe devant un étang recouvert de lentilles d’eau vert fluo. Un crapaud coasse. Soleil dans les ailes, une libellule brune se pose. Entre les plants de courgettes, de maïs, de tournesol et la quarantaine d’espèces végétales qui poussent ici, l’ambiance est apaisante. Une carcasse de voiture, repeinte en blanc tacheté de noir à l’instar d’une vache, héberge un arbre à soie, un albizia. Sous une serre, des semis grandissent, nombreux et bien droits. Et voici les ânes, Sarriette et Archie qui, installés à l’ombre, ne souffrent que des caresses des enfants émerveillés. Plantés un peu partout, des panneaux explicatifs guident nos découvertes.

Les poules de la ferme pédagogique du Roy d’Espagne produisent les œufs vendus sur place.Les poules de la ferme pédagogique du Roy d’Espagne produisent les œufs vendus sur place. / PHOTO DAVID ROSSIUne association pour faire vivre le lieu

Ce bout de nature d’un peu plus de deux hectares, dans le 9e arrondissement de Marseille, est géré par dix personnes qui composent l’association La Nacée. Fonctionnant de manière horizontale, les membres se relaient. Aujourd’hui, derrière le comptoir, c’est Gaby qui vend les produits bio et répond, entre deux clients, à nos questions. « Nous, on est une délégation de service public. On a deux activités principales : la partie agricole et l’accueil. Dans la convention qu’on a avec la ville, on doit accueillir une école tous les jours de l’année scolaire. »

Mettre les mains dans la terre

Mais l’été, les écoles fermées, le lieu vit au rythme des plantes, des animaux, du marché et des chantiers partagés. « Il y a une réelle demande des gens de venir mettre les mains dans la terre, ça nous donne un sacré coup de main, mais ce sont surtout des moments conviviaux. Ça permet de découvrir notre quotidien. » À côté de Gaby, Olivia qui fait également partie de l’association ajoute : « Les gens cherchent aussi ça, rencontrer des personnes différentes. » Une employée du transport international aux cheveux poivre et sel, venue acheter quelques légumes, complète : « J’ai participé deux fois à des chantiers. » Les tâches sont variées. Elle, a « tiré des bâches sur certaines parcelles, sorti des cailloux des trous, fait du pelletage de fumier, de la récolte d’aubergine sous serre et d’œufs sous les poules… » égrène-t-elle en riant. « D’ailleurs, ajoute Olivia, on manque de mains pour jeudi ! » De notre côté, à la fin de la discussion, on finit par acheter les tomates fraîches qui nous narguent depuis notre arrivée et… une boîte d’œufs.

Rue Jules Rimet (9e). Ouvert les lundis de juillet et août de 17 h à 18 h 30, les mercredis de 16 h à 18 h 30 et les samedis de 9 h à 12 h 30. Accès libre. Plus de renseignements sur fermeduroydespagne.org