Le coût d’emprunt de la France est à la hausse et continue d’alourdir la facture de l’Etat. Ce mardi 18 août,le rendement des obligations de la France à dix ans a atteint 4,1%, soit son plus haut niveau depuis 18 ans. Comme le rapporte TF1 info, une telle situation n’était pas arrivée depuis 2008 – son niveau record – lorsque le rendement des obligations de notre pays était monté à 4,2% en plein cœur de la crise des subprimes.
Mais alors, comment expliquer une telle hausse ? Tout s’explique notamment en raison des craintes inflationnistes liées aux diverses situations géopolitiques à l’instar de la guerre en Ukraine ou de celle au Moyen-Orient, mais aussi du maintien à des niveaux élevés des prix du pétrole. Une crise géopolitique encore loin de trouver une issue prochaine puisque la perspective d’un accord de paix entre les Etats-Unis et l’Iran pour un déblocage du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, s’éloigne de plus en plus.
Le financement de la dette dans tous les esprits
Ce taux, historiquement haut, pose ainsi la question du financement de la dette française (117% du PIB lors du mois de juillet) au moment même où le gouvernement planche sur le prochain budget pour 2027 qui s’annonce d’ores et déjà «difficile» sur fond de pré-campagne électorale pour la présidentielle selon les mots du ministre de l’Economie, Roland Lescure. En effet, plus les taux auxquels la France emprunte augmentent, plus les nouvelles émissions de la dette deviennent coûteuses.
En effet, comme le rapporte BFM Business, lorsque les taux d’intérêt augmentent, c’est une dette qui augmente elle aussi. Résultat, l’argent public sert principalement à rembourser les créanciers ou cette dette, et ne peut donc pas servir à de l’investissement public et au service public. Alors qu’en 2025, cette charge de la dette s’élevait à 64,7 milliards d’euros et a déjà augmenté de 5 milliards d’euros pour le seul premier semestre 2026, l’institut FIPECO estime même qu’une augmentation d’un point de ce taux d’intérêt pourrait provoquer une augmentation de cette charge de la dette de 10 milliards d’euros en l’espace de deux ans.