Le bureau du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a déclaré sur X qu’il était « alarmé par l’interdiction faite à Iabloko, l’un des plus anciens partis politiques de Russie, de participer aux élections législatives de septembre, et par la condamnation de son vice-président, Lev Chlosberg, à plus de 11 ans de prison pour des propos contre la guerre ».
Volker Türk « appelle les autorités (russes) à respecter la liberté d’expression et les droits des citoyens à prendre part librement et pleinement au processus électoral », ont indiqué ses services. « La contestation pacifique ne devrait jamais être pénalisée », a-t-il ajouté.
Un vice-président du parti condamné à 11 ans et un mois de prison
Cette réaction intervient après que la Cour suprême russe a confirmé en appel, lundi, l’exclusion de Iabloko des législatives prévues en septembre. Des dizaines de personnes qui s’étaient rassemblées devant la Cour en soutien au parti ont été interpellées.
La Cour, saisie par un parti nationaliste, avait exclu Iabloko des élections en première instance la semaine dernière. Le parti nationaliste reprochait à Iabloko sa campagne en faveur de la paix – soit à demi-mot contre la guerre menée par le Kremlin en Ukraine depuis 2022 – et l’accusait d’avoir reçu des financements de l’étranger ainsi que, plus formellement, des violations de droits d’auteur.
Dans une procédure distincte, le vice-président de Iabloko, Lev Chlosberg, a été condamné lundi à 11 ans et un mois de prison pour des propos critiquant l’offensive russe en Ukraine. Chlosberg, 63 ans, est l’une des rares personnalités d’opposition à être restées dans le pays en dépit de la répression lancée en 2022 contre toute critique de l’invasion de l’Ukraine. Il a été reconnu coupable « d’action publique visant à discréditer le recours aux forces armées de la Fédération de Russie ».
La plupart des opposants au président Vladimir Poutine sont emprisonnés, en exil ou morts et Iabloko est le seul parti libéral encore en activité en Russie, bien que n’ayant plus d’élus à la Douma depuis les années 2000.