Dans les quartiers Nord, agents de la police municipale appellent ça les opérations « grappin », du nom de l’engin utilisé pour enlever les barricades aux abords des points de deal des cités marseillaises. Mais mardi, à la Castellane, dans le 16e arrondissement, il a fallu, en outre, une pelle mécanique et quelques bennes pour venir à bout des obstacles dressés pour protéger les multiples « plans stup » de la cité.
Sous la protection de plusieurs équipages de la brigade Nord, les agents de la Métropole ont à nouveau enlevé les classiques carcasses d’appareils électroménagers et chaises de « chouf' », mais alors que les affaires tournent à nouveau à plein régime dans le quartier à la faveur de l’été, les trafiquants de stupéfiants du cru se sont, comme à leur habitude, montrés très prévoyants.
Réserve de gravats et herse artisanale
Pour condamner l’un des accès à la cité, côté boulevard Henri-Barnier, ils ont déversé plusieurs mètres cubes de gravats sur la chaussée. Mais pour anticiper le déblaiement, et les besoins ultérieurs, ils ont aussi prévu une réserve, un autre tas déversé sur un trottoir non loin de l’école.
En examinant les barricades, les policiers municipaux ont même découvert une solide herse artisanale, une poutre hérissée de vis, manifestement destinée à crever les pneus des véhicules de patrouille.
Au terme de plusieurs heures, au cours desquelles les graffitis indiquant les accès aux points de vente et les tarifs ont, une énième fois, été recouverts de peinture, ce sont pas moins de 13 tonnes de gravats et de détritus en tous genres qui ont été évacués sans trop d’incidents, en dépit du refus d’obtempérer d’un scooter.
Poursuivi par les agents, le pilote a dû abandonner son Tmax, finalement envoyé en fourrière.