Un nouveau scandale de corruption éclabousse la présidence de Volodymyr Zelensky. Le président ukrainien a limogé ce mercredi Iryna Moudra, l’une des plus hautes responsables de son cabinet, quelques heures seulement après l’annonce de plusieurs perquisitions visant des membres du bureau du président et un député ukrainien par les autorités anticorruption ukrainiennes. Iryna Moudra est soupçonnée d’avoir participé à une opération de blanchiment.
Publié le : 19/08/2026 – 22:02
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Le contexte n’arrange rien, puisque le limogeage d’Iryna Moudra intervient au lendemain de vives critiques de l’ex-ministre de la Défense Mykhaïlo Fedorov, lui-même limogé en juillet, qui a dénoncé la corruption en Ukraine et appelé à organiser des élections présidentielles.
Dans la matinée de mercredi, l’agence anticorruption ukrainienne (Nabu) et le parquet spécialisé dans ces affaires (Sapo) avaient annoncé sur Telegram mener une « opération spéciale visant à démanteler une organisation criminelle qui opérait sous la direction d’un député ukrainien en exercice et d’un ancien député, avec la participation de hauts responsables de la présidence ukrainienne et d’autres personnes. » Dans la foulée, Iryna Moudra a été démise de ses fonctions.
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Un blanchiment d’argent pour payer la caution d’un autre accusé de corruption
Au cœur de cette affaire tentaculaire, le blanchiment de 150 millions de hryvnias (un peu moins de 3 millions d’euros) afin de payer la caution d’un accusé dans une autre affaire de corruption majeure qui avait secoué l’Ukraine en 2025. Selon les enquêteurs, cet argent aurait été utilisé pour faire libérer Herman Haloutchenko, ancien ministre de la Justice de Volodymyr Zelensky, poursuivi dans une vaste affaire de détournement de fonds dans le secteur de l’énergie. Il avait été remis en liberté en juin.
Et c’est là qu’intervient Iryna Moudra. Selon les enquêteurs, cette haute responsable de la présidence a été chargée de collecter l’argent pour la caution puis de transférer la somme via la banque publique Sense Bank, tout en contournant les contrôles financiers. L’enquête vise aussi des dirigeants de cette banque, un député, un ancien parlementaire.
La corruption est un problème récurrent en Ukraine depuis de nombreuses années et plusieurs scandales majeurs ont éclaté depuis le début de l’invasion russe en 2022, y compris au sein de l’armée. Jusqu’à présent, les opérations du Nabu et du Sapo ont rarement abouti à des condamnations en justice. En 2025, Volodymyr Zelensky avait tenté de priver ces deux structures anticorruption de leur indépendance, avant de devoir faire marche arrière face à la levée de boucliers au sein de la société civile et chez les alliés occidentaux de Kiev.
Dans son dernier classement, Transparency International classe l’Ukraine à la 104e place sur 182 des États où le trafic d’influence pèse le plus lourd. Et même si le pays connait une amélioration depuis une dizaine d’années, 87% des Ukrainiens estiment toujours que la corruption est « trop largement répandue ». Mais Kiev n’est pas resté sans rien faire pour lutter contre les pots-de-vin. Plusieurs bureaux de lutte anti-corruption ont été créés comme le Nabu et le Sapo, qui instruisent les dossiers, y compris lorsqu’ils touchent à l’appareil d’État.
En 2025, une loi visant à réduire leur indépendance avait été à l’origine des premières grandes manifestations depuis le début de l’invasion russe, jusqu’à faire reculer le gouvernement. De quoi faire dire à l’OCDE que l’Ukraine a « accompli des progrès significatifs » contre ces atteintes à la probité. Mais depuis 2022, la guerre est venue aggraver les risques de corruption, entre les contrats militaires et les marchés confidentiels. Et si l’Ukraine s’est dotée des outils nécessaires pour lutter contre les malversations, elle doit encore prouver qu’elle peut les utiliser à tous les niveaux de la société.
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