Sorti en 1971, Wake in Fright constitue l’un des diamants noirs du cinéma australien, objet de fascination chez les amateurs de cinéma de genre, souvenir fiévreux transmis comme une légende urbaine. Considéré dans les années 1990 comme une œuvre perdue, Wake in Fright aura finalement émergé des limbes, une copie miraculeusement retrouvée en 2004 lui rendant sa place méritée dans l’histoire du cinéma. Sa ressortie à l’été 2026 tombe à pic : torride et poisseux, Wake in Fright est probablement l’ultime film de canicule (pour tous ceux qui en redemandent).

Un paysage de sable ocre, traversé par les rails noirs d’un chemin de fer : le premier plan du film pourrait augurer un western tardif, substituant l’Australie profonde à la Vallée de la mort. Mais si le Far West s’étend traditionnellement d’Est en Ouest, l’outback se dévoile ici dans un lent panoramique circulaire, parcourant l’infinité désolée des dunes australes avant de revenir à son point de départ. Dans Wake in Fright, le désert n’est pas un territoire, mais une prison à ciel ouvert. S’y trouve bientôt enfermé John Grant, professeur bon chic bon genre regagnant Sydney au terme d’une année d’enseignement dans la pampa, piégé sur place après avoir perdu tout son argent lors d’une nuit de beuverie.

Dès cette ouverture écrasante, Ted Kotcheff, réalisateur sous-estimé du premier Rambo (1982), trace le chemin de braise empruntée dans les années à venir par