La présidente de la Banque centrale européenne a appelé ce mercredi le Vieux Continent à ne pas manquer la révolution de l’IA, une technologie brassant des investissements massifs mais largement dominée par des géants aux États-Unis ou en Chine.
Christine Lagarde appelle l’Europe à ne pas manquer la révolution de l’IA. « L’Europe a largement manqué la première révolution numérique, car les gains commerciaux issus de la diffusion des technologies de l’information et de la communication ont été captés de manière disproportionnée ailleurs », a expliqué la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) ce mercredi 19 août.
« Nous ne pouvons pas nous permettre de répéter cette expérience avec l’IA, la deuxième révolution numérique », a-t-elle plaidé lors d’une discussion organisée à Genève par le Forum économique mondial (WEF).
Dans ce marché en croissance effrénée depuis 2022, la compétition se joue surtout entre les géants américains comme OpenAI, Anthropic, Google, Meta, Microsoft, ou Amazon, et le chinois DeepSeek.
Pourtant, l’Europe ne souffre pas d’un déficit de savoir. « L’UE représente environ 6 % de la population mondiale, mais pas moins de 15 % de ses chercheurs. Elle produit également près d’un cinquième des publications scientifiques les plus citées au monde, a illustré Christine Lagarde. L’Europe est bien placée à certains égards pour tirer pleinement parti des nouvelles technologies. »
Des difficultés à transformer les connaissances
Mais son retard s’explique par des difficultés à « transformer les connaissances en succès commercial », a expliqué Christine Lagarde. Pour rattraper ce retard, l’Union européenne a lancé fin juillet un appel d’offres géant, qui vise à mobiliser 30 milliards d’euros d’investissements pour construire ses premières « giga-usines d’IA », offrant une puissance de calcul massive.
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Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie de Bruxelles visant à faire de l’Europe l’un des continents en pointe en matière d’IA, grâce à un plan dévoilé l’an dernier visant à mobiliser au total 200 milliards d’euros. L’UE s’est déjà dotée ces deux dernières années de 19 « usines » d’IA en développement ou en activité, de taille plus modeste.