À flanc de falaise, face à une Méditerranée semblant s’étendre à l’infini, la maison de François Champsaur semble avoir toujours été là. Dissimulée parmi les pins parasols et les oliviers, cette retraite majorquine n’a pourtant rien d’une carte postale figée. Pendant huit ans, l’architecte d’intérieur l’a déconstruite puis reconstruite avec obstination, transformant une bâtisse sans âme en manifeste habitable pour « une architecture naturelle, organique, frugale ». Né à Marseille, élevé entre la mer et les Alpes, François Champsaur garde le souvenir d’une enfance au contact de la nature. « Comme j’ai grandi dans les Alpes, le vrai plaisir pour moi c’est de me retrouver dans une rivière entourée d’arbres, raconte-t-il. C’est ce que j’ai essayé de recréer ici. »

Nichée au cœur de la Serra de Tramuntana, la maison fait face à la Méditerranée.
François Halard
L’architecte d’intérieur a aménagé un petit bureau face à la terrasse.
François HalardLuxe à la scène, lenteur à la ville
Si son nom est associé aux intérieurs sophistiqués des hôtels The Madrid Edition ou Public West Hollywood de Ian Schrager, François Champsaur imagine pourtant ses projets personnels sous un angle totalement différent. Fasciné par les matériaux bruts et le geste artisanal, le créateur a insufflé ces dernières années une dimension écoresponsable à son travail. Lorsqu’il achète cette propriété en 2016, il sait que la restauration va être longue. « Cet achat était une folie, se souvient-il. Tout était bétonné, dedans et dehors, avec du carrelage marron. Il n’y avait aucune porte-fenêtre qui donnait sur l’extérieur. » Seuls les murs d’origine subsistent aujourd’hui. Tout le reste a été vidé, repensé, réinventé. Le chantier avance lentement, au rythme des autorisations administratives de l’île et de ses possibilités financières. Une contrainte devenue méthode : « Le fait de ne pas avoir un budget illimité pour les travaux m’a permis de réfléchir, de prendre mon temps. »
Je voulais une maison qui vide la tête, qui soigne, qui repose.
L’architecte d’intérieur François Champsaur