Près de 96 000 hectares : c’est le chiffre ahurissant de la surface de forêts partie en fumée en France depuis le début de l’année 2026. Selon le Système européen d’information sur les feux de forêt (Effis), un service de Copernicus, la moyenne sur les 20 dernières années était de l’ordre de 13 500 ha.

La menace incendie gagne du terrain : vérifiez dès maintenant si votre commune est concernée
Alors que les incendies rythment à nouveau l’été 2026 en France, certaines régions que l’on pensait relativement épargnées doivent désormais composer avec ce danger. Votre lieu de résidence est-il concerné ? Plusieurs outils permettent de le vérifier en quelques minutes…. Lire la suite
À l’échelle de l’Europe, la situation n’est guère meilleure : 585 500 hectares brûlés au 12 août 2026 pour une moyenne de 243 000 hectares par an depuis 2006.
#FeuxDeForêt | Ayons les bons réflexes pour éviter les départs de feux
???? 9 feux sur 10 sont d’origine humaine et pourraient être évités : un mégot jeté au sol, un barbecue mal placé ou des travaux générant des étincelles peuvent suffire à provoquer un départ de feu. pic.twitter.com/l8CgTPYt1y
— Préfet du Gers (@Prefet32) August 19, 2026
Le climat transforme les feux de forêt en menace majeure
Pyromanes, accidents, négligences. 90 % des départs de feu de forêt sont d’origine humaine. Mais c’est bel et bien le réchauffement climatique qui crée les conditions météorologiques favorables aux incendies les plus sévères. Une analyse du World Weather Attribution montre en effet que le risque de grands incendies a été multiplié par deux en France par rapport à l’ère préindustrielle. Et par 20 en Espagne !

Comment enquête-t-on dans une forêt réduite en cendres ? Les gendarmes racontent
Une forêt calcinée, des indices presque effacés et un chien qui semble retrouver ce que les flammes ont voulu faire disparaître. Derrière son flair impressionnant, pourtant, se cache une enquête collective où chaque trace compte…. Lire la suite
De nouveaux travaux de l’Institut de recherche sur les impacts du climat de Potsdam (PIK, Allemagne) le confirment aujourd’hui. Des conditions de plus en plus chaudes, sèches et venteuses pourraient considérablement accroître les surfaces touchées par les incendies de forêt en Europe. Même dans un scénario de faibles émissions – en d’autres mots, même si le réchauffement reste inférieur à +2 °C -, les chercheurs estiment qu’environ 39 % de terres supplémentaires seraient brûlées chaque année d’ici la fin du siècle par rapport à la moyenne actuelle.
Imaginez ce que cela pourrait être dans un scénario d’émissions élevées… Dans la revue Global Change Biology, les scientifiques évoquent une hausse spectaculaire de 192 % des surfaces brûlées, y compris dans des zones qui, jusqu’à présent, ont connu peu d’incendies.
Face à l’intensification du risque de feux de forêt, la Direction générale de la Sécurité civile et de la gestion des crises, le CNES, Kayrros et le SERTIT s’associent pour développer FireWatch, une plateforme innovante combinant données satellitaires et intelligence… pic.twitter.com/3U7AD7Bx9d
— Sécurité Civile (@SecCivileFrance) August 20, 2026
Jusqu’à 192 % de surfaces brûlées en plus dans le pire scénario
La bonne nouvelle, c’est que la Senckenberg Society for nature research (Allemagne) estime qu’une amélioration continue de la gestion des feux de forêt pourrait réduire les surfaces brûlées de 92 % dans un scénario de réchauffement à +1,8 °C, et de 72 % dans celui à environ +3,6 °C. Mais pour cela, estiment les chercheurs, il faudra… investir massivement !
Il y a 201 millions d’années, l’Europe aurait connu une période d’incendies sans précédent. Alimentés par d’immenses tapis de fougères apparus après une extinction massive, les feux se seraient répétés pendant des dizaines de milliers d’années, créant un véritable cercle vicieux entre incendies et végétation…. Lire la suite
« Toutefois, si les incendies atteignent une intensité extrême, notre capacité à les contenir pourrait être mise en échec, et nous ignorons encore où se situe ce point de rupture. Les récents incendies records en France démontrent clairement que nous ne pouvons pas nous contenter d’extrapoler à partir des expériences passées », tempère Thomas Hickler, co-auteur de l’étude.
Et à la fin, la conclusion est toujours la même : il est absolument essentiel de réduire nos émissions de gaz à effet de serre pour contenir le réchauffement climatique si nous ne voulons pas d’un monde invivable.
