Par
Zoe Hondt
Publié le
20 août 2026 à 18h58
L’agacement se lit facilement sur le visage du jeune homme qui entre dans le box des prévenus, ce mardi 18 août 2026. Âgé de 23 ans, il est jugé au tribunal de Lille (Nord) pour détention de stupéfiants et outrage à agent. Originaire de Poitiers (Vienne), le jeune homme était de passage dans la capitale des Flandres. Bien connu de la justice, il va finalement devoir rester plus longtemps que prévu. Les faits remontent au 16 août 2026 : trois véhicules de police sont sollicités pour une altercation rue Thumesnil à Lille. Un des individus se montre particulièrement virulent et tente de se soustraire à l’interpellation. Deux policiers ont porté plainte. Récit.
« Il est parti en cacahuètes »
Il est 2 h 15, le dimanche 16 août 2026, lorsque trois véhicules de police sont mobilisés à Lille. Plus précisément rue Thumesnil, devant la maison d’accueil des jeunes travailleurs. La tension monte entre quatre individus, dont un résident du foyer. Insultes et menaces de mort fusent. Alors que les policiers arrivent à leur hauteur, le résident est dans sa chambre et les trois autres tentent de s’enfuir. Vite rattrapés, l’un d’entre eux se montre virulent et insulte les policiers. Sur lui, ces derniers retrouvent 11g d’héroïne, 10g de cocaïne et moins d’un gramme de cannabis. Au total, ce n’est pas moins de 750 euros de stupéfiants, achetés quelques heures plus tôt. Également sous l’empire de l’alcool, l’homme de 23 ans est testé à 0,40 mg/litre d’air expiré le lendemain matin.
Entendu par la police, le résident du foyer explique qu’il essayait de dormir lorsqu’il a entendu du bruit dans la rue. Il aurait alors ouvert sa fenêtre et demander aux individus de cesser. En réponse, il se serait vu être menacé de mort à plusieurs reprises.
Au tribunal, le prévenu donne une tout autre version. Selon lui, il « marchait tranquillement » lorsqu’un homme l’aurait insulté par la fenêtre. Il aurait riposté grossièrement au moment où les policiers sont arrivés. L’un d’entre eux lui aurait donné une claque. Raison pour laquelle il aurait perdu son sang froid et insulté copieusement les forces de l’ordre. Le prévenu de 23 ans nie avoir menacé de mort qui que ce soit.
Interrogée par la police, sa mère explique une enfance difficile, entre la séparation de ses parents et la vie pendant la guerre dans son pays d’origine. « Il a eu de très mauvaises fréquentations. Il est parti en cacahuètes. » Le jeune homme ne semble pas s’en préoccuper. « Vous ne vous donnez aucune chance pour votre parcours professionnel » se désole la présidente du tribunal.
« On ne sait pas qui croire »
« Il n’apprend pas de ses erreurs, c’est totalement inadmissible ! » dénonce l’avocate de la partie civile. Elle demande 1 000 euros de dommages et intérêts. Un comportement que la procureure de la République déplore également, en faisant écho au casier judiciaire « fourni » du jeune prévenu. Au regard de précédentes condamnations et de cinq peines déjà révoquées, elle requiert 15 mois d’emprisonnement avec maintien en détention.
L’avocate de la défense nuance les choses : « Je suis déçue de ne pas avoir beaucoup de témoignages de policiers dans le dossier. C’est une situation compliquée, et on ne sait pas qui croire avec ces éléments. » Selon elle, les infractions ne sont « pas excessivement graves » et elle concède qu’il soit normal que son client ait été « bafoué dans son intégrité » s’il a été victime d’une claque. Elle décrit un homme qui « a vu pas mal d’atrocités dans son enfance » et paniqué à l’idée d’être incarcéré loin de sa famille.
Le tribunal condamne finalement le prévenu à 12 mois d’emprisonnement.
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