l’essentiel
Le Graulhétois a consacré sa carrière à la réconciliation franco-allemande et à la coopération entre les jeunesses européennes.

Le Graulhétois Bernard Viale a consacré sa vie au service de la réconciliation franco-allemande et de la paix en Europe. Durant 35 années, il a eu la chance de vivre sa passion et d’avoir de nombreuses responsabilités au sein de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ), institution internationale créée par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer dans le cadre du Traité franco-allemand de coopération et d’amitié en 1963.

Pour Bernard, tout a commencé avec son père, un artisan graulhétois, qui a été embarqué au STO (Service du travail obligatoire) en Allemagne à 18 ans. Cela l’a convaincu que, malgré toutes les vicissitudes qu’il avait vécues, l’Allemagne et la France devraient avoir un destin commun. « Il s’était promis, à son retour d’Allemagne, que s’il avait un fils, ce dernier apprendrait l’allemand pour retourner avec lui un jour dans ce pays où il avait beaucoup souffert mais dont il avait été impressionné par la force de vie. » Ce qui fut fait, et c’est comme cela que débuta une longue histoire pour le jeune Bernard, qui a fait ses débuts de « passeur interculturel » du haut de ses 15-16 ans au Foyer Léo Lagrange. À l’époque, il accueillait bénévolement les 1ers groupes de jeunes et moins jeunes Allemands et accompagnait les 1ers groupes de Graulhétois à Prien am Chiemsee, future ville jumelle de Graulhet. Il a fait partie des précurseurs du jumelage, aujourd’hui géré par la municipalité.

Formé par l’éducation populaire, une éducation non formelle qui formait les citoyens en complément de l’école, Bernard était tour à tour traducteur franco-allemand, guide touristique et animateur de stages linguistiques au sein de la structure durant l’été. C’est lors de la visite à Graulhet d’un représentant de l’OFAJ que sa vie a basculé et que l’organisme lui a payé une formation par la méthode audiovisuelle de professeur d’allemand. « Un jour, j’ai fait une démonstration de cours de langue à la chambre syndicale des mégissiers. Les patrons ont été enchantés, ils ont immédiatement monté un centre linguistique rue Matéotti et, avec une collègue, nous apprenions l’allemand, en cours du soir, à des secrétaires et des cadres administratifs, car Graulhet, à l’époque, travaillait avec de nombreuses entreprises de cuir allemandes. C’était de 1971 à 1972 », précise Bernard.

Une carrière au service de la réconciliation

En 1972, il termine la FAC et part en Allemagne pour devenir responsable des relations internationales à la Centrale fédérale « Arbeit und Leben », une association pour la formation continue des jeunes et des adultes, créée par le DGB (Deutscher Gewerkschaftsbund / Confédération des syndicats allemands) et le DVV (Deutscher Volkshochschulverband / Fédération des Universités Populaires), à Düsseldorf. Il y organise pendant 2 ans et demi des échanges franco-allemands entre postiers, ouvriers métallurgistes et syndicalistes.

En 1974, il entre à l’OFAJ, « le saint des saints de la réconciliation franco-allemande, dans les échanges et le jumelage auprès des jeunes ». Pour Bernard, ce rêve devient alors réalité. Il débute comme chef adjoint puis chef du service « Jeunesse, échanges scolaires, jumelages de villes, échanges sportifs » jusqu’en 1986. Il devient ensuite directeur coordonnateur permanent, directement rattaché au secrétaire général, avec pour missions de coordonner des services en France et en Allemagne, l’élaboration du budget, la gestion financière et administrative, ainsi que le suivi de la coopération avec les partenaires institutionnels et associatifs des deux pays et au niveau européen. Il y œuvrera jusqu’en 2008, année de son départ à la retraite. Sa carrière le conduira ensuite à prendre en charge les échanges avec les pays de l’Union européenne, reproduisant ainsi les principes fondamentaux de réconciliation de l’OFAJ dans les pays du centre et de l’est de l’Europe, les pays du sud-est de l’Europe, dans les Balkans, et les pays du pourtour méditerranéen.

Après 35 années consacrées à rapprocher les peuples, Bernard Viale profite aujourd’hui de sa retraite autour de ses deux passions : le bridge, qu’il pratique au club de Graulhet, et les voitures anciennes. Il possède notamment un superbe cabriolet MGB. Il est toujours actif dans les relations franco-allemandes en étant actuellement le Délégué à la Communication de l’AFDMA.