Amical. RC Vannes – Pau, ce vendredi (19 h) au Roudourou

Si vous cherchez la définition de résilience, l’histoire d’Edoardo Iachizzi est un bon résumé. Éloigné des terrains depuis plus deux ans à cause de deux ruptures successives des tendons d’Achille (droit et gauche), l’Italien du RC Vannes fait son grand retour ce vendredi en amical face à la Section Paloise, à Guingamp.

« J’ai hâte de retrouver l’adrénaline du vestiaire, du match, le stade, la confrontation… Je vis pour ces moments. Mon challenge va être le côté mental. Il faut que je retrouve ma condition optimale mais je ne dois pas tomber dans la frustration de ne pas réussir à faire certaines choses tout de suite. Ça va revenir. Je veux me prouver à moi-même que je suis capable. Redonner aussi la confiance que le club et le coach ont placée en moi », lance Iachizzi.

Une nouvelle blessure à l’entraînement

S’il a vécu « les pires années de [s] a vie de sportif », le deuxième ligne de 28 ans ressort grandi de ces épreuves. « Ces » car après sa première blessure, en sélection, il a aperçu « le bout du tunnel » avant de voir le sort s’acharner de nouveau. « Je me suis blessé sur le dernier entraînement individuel avant de reprendre avec le groupe. Repartir sur une année blanche, c’était dur. Mais j’ai vite repris l’expérience de la première fois : contrôler ce que je pouvais contrôler, ne pas m’apitoyer sur mon sort. La première fois que ça a pété, ça a duré dix minutes. Je suis tombé par terre, j’ai eu dix minutes de noir. Au moment où je suis retourné dans la salle des kinés, j’avais terminé de pleurer. J’avais réalisé que mes pleurs ne remettraient pas mon tendon. Et j’ai basculé sur de nouveaux objectifs. »

Edoardo Iachizzi « s’habitue aux sensations » ressenties au niveau de ses tendons d’Achille.Edoardo Iachizzi « s’habitue aux sensations » ressenties au niveau de ses tendons d’Achille. (Photo Paul Lopez)« J’étais le plus heureux du monde quand on a gagné »

Récupération, musculation, implication avec le groupe, séance vidéo, apprentissage des lancements de jeu… « Edo » a continué de venir « très tôt le matin », de repartir « très tard l’après-midi » et de s’impliquer dans la vie du RC Vannes, un club où il était « très motivé et très heureux de revenir » après un premier passage de 2020 à 2023. « J’ai fêté et j’étais le plus heureux du monde quand on a gagné (le titre de Pro D2). J’ai toujours été derrière eux. Franchement, j’ai eu des moments de joie et de tristesse avec eux. Je ne pouvais pas être sur le terrain mais on m’a fait sentir que je faisais partie de cette équipe. Je dois beaucoup à mes coéquipiers et au club », remercie le Romain, qui a tiré le positif de la situation pour « profiter à fond de la naissance de [s] on fils ».

Un protocole personnalisé mais pas d’appréhension

Présent depuis la reprise, le Transalpin continue son retour progressif et « s’habitue aux sensations » ressenties au niveau de ses tendons d’Achille. Le titulaire d’une licence d’histoire suit un « protocole individuel » avec un « échauffement personnalisé » avant chaque entraînement mais n’évoque « aucune appréhension ». « Quand on est hors du haut niveau pendant deux saisons, il faut s’accrocher, continue le polyvalent avant, qui privilégie la deuxième ligne mais peut dépanner en troisième ligne. J’y vais à fond car je ne peux pas faire autrement. Si je vais plus doucement, je ne peux pas être performant. Mon premier objectif est de vite intégrer l’équipe pour découvrir ce fabuleux championnat qu’est le Top 14. Ça serait vraiment très important pour moi. » Plus fort mentalement, enrichi par la paternité et forgé par l’épreuve, Edoardo Iachizzi n’est pas seulement de retour : il incarne une magnifique leçon de vie.