Plus de 25’000 décès, tel est le lourd tribut payé par la France, l’Allemagne et l’Espagne aux vagues de chaleur inédites de cet été. Cette semaine, les premiers bilans des canicules tombent, pays après pays, tous affichant des records ou presque. Et ils ne sont encore que provisoires.
Frappée comme toute l’Europe de l’Ouest par une série inédite de vagues de chaleur, l’Allemagne a connu son été le plus meurtrier, avec environ 14’000 décès liés à la canicule, selon des estimations provisoires publiées jeudi.
Alors que l’automne n’arrivera que dans un mois, l’Allemagne, pays le plus peuplé de l’Union européenne avec ses 82 millions d’habitants, a déjà pulvérisé le précédent record datant de 2018: elle avait alors enregistré 8900 décès estimés liés à la chaleur.
Selon les autorités, deux tiers de ces morts (9600) sont intervenues en une seule semaine, fin juin, celle où le thermomètre dépassait par endroits les 41 degrés.
Plus de 7000 décès en France et 4500 en Espagne
La France a également annoncé le bilan provisoire de la surmortalité lors des périodes de fortes températures cette année, annonçant 7300 morts. Mais la troisième vague de chaleur, en cours depuis fin juillet, ne figure pas dans cette statistique.
« Toutes les régions ont été concernées par un excès de mortalité », ont précisé les autorités sanitaires. La région Pays-de-la-Loire, avec 236 décès en excès, a été la plus touchée, suivie par l’Auvergne-Rhône-Alpes (163), la Bretagne (152) et l’Ile-de-France (141).
En Espagne, près de 4500 décès attribuables à la chaleur ont été recensés entre le 1er juin et le 19 août, un record sur cette période depuis 2022, selon des données publiées par l’Institut de santé Carlos III à Madrid.
Une femme âgée dans un parc en Espagne. [REUTERS – ALBERT GEA]
A titre de comparaison, 3073 décès avaient été attribués à la chaleur sur la même période l’an passé et 1890 en 2024.
Des chiffres définitifs encore plus lourds
En Allemagne comme en France, les 75 ans et plus sont les premières victimes. On parle cependant de décès liés à la chaleur, car elle tue rarement de manière directe. Elle agit comme un accélérateur tragique sur des corps déjà vulnérables, aux pathologies préexistantes – qu’elles soient cardiovasculaires, rénales ou pulmonaires – et qui poussent l’organisme, épuisé, au point de rupture.
Les chiffres définitifs du nombre de décès sont attendus cet automne et ils seront assurément plus lourds encore.
Sujet radio: Miruna Coca-Cozma
Texte web: lan avec afp