Les urgences ophtalmologiques des Hospices civils de Lyon ont connu une forte augmentation de leur activité après l’éclipse du 12 août, avec de nombreux appels et consultations de patients, même si un seul cas grave a été recensé à ce jour.
Les sonneries téléphoniques se sont emballées dès la fin de l’éclipse. Le centre d’appels des urgences ophtalmiques lyonnaises a connu une forte augmentation d’activité à partir de 22 heures le mercredi 12 août, indiquent les Hospices civils de Lyon (HCL). Elle s’est poursuivie jusqu’au dimanche soir avec, au bout du fil, des personnes se plaignant de voir flou après avoir regardé l’éclipse sans lunettes. D’autres ressentaient des picotements, des brûlures oculaires ou encore des maux de tête. Certains patients affichaient des cas de photophobie avec une hypersensibilité à la lumière. Mais un seul cas sérieux a été observé.
Malgré la publication de vidéos très consultées sur les réseaux sociaux faisant état de lésions graves, très peu ont, en réalité, été confirmées. Comme à Lyon, les premières remontées officielles à travers la France font état d’une hausse des consultations mais pour des inquiétudes ou des affections bénignes, même dans les régions où le phénomène a été le plus marqué.
« Dans la majorité des cas, il s’agissait d’anxiété liée à l’observation brève sans lunettes, nécessitant un discours rassurant du corps médical », précisent les HCL. Les patients présentant de réels symptômes ont quant à eux systématiquement été dirigés vers le service d’urgence. À la clé, plus de 100 consultations par jour du mercredi au vendredi, soit une hausse d’activité de 15 %.
147 brûlures oculaires en 1999
Le bilan sanitaire de l’éclipse de 2026 sera connu dans plusieurs semaines lorsque les données du recensement lancé par la Société française d’ophtalmologie et le Snof, principal syndicat de la profession, seront consolidées. Mais, « selon la littérature médicale, toutes éclipses et tous pays confondus, seules quelques centaines de cas d’atteintes rétiniennes liées à l’observation du Soleil ont été documentées à ce jour », confiait récemment au Figaro Pauline Eymard, ophtalmologue à l’hôpital Cochin, à Paris.
Les photo-traumatismes peuvent provoquer différents types de lésions. Une étude faite après l’éclipse de 1999 auprès de 5 600 ophtalmologues et 500 services d’urgence hospitaliers avait recensé 147 cas de rétinopathie en lien avec le phénomène dans le pays. Cette brûlure de la rétine provoquée par l’observation directe du soleil sans dispositif adapté avait entraîné une baisse parfois importante de la vue pour les patients concernés.
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La rétinopathie, indolore les 48 premières heures, était en 1999 l’affection la plus répandue, selon cette étude. Les ophtalmologues avaient aussi recensé des cas de kératites, du nom de cette inflammation temporaire de la cornée, qui disparaît après un ou deux jours. Certaines brûlures peuvent aussi provoquer une tache au centre du champ de vision appelé scotome. Les personnes qui constatent cette réaction doivent consulter rapidement.