«L’eau est chaude depuis trois semaines au moins », gronde Louise. L’habitante du centre-ville de Nantes doit attendre « un sacré bout de temps » avant que de l’eau fraîche sorte de son robinet. « En période de restriction, c’est un peu paradoxal », estime la Nantaise qui a pris l’habitude de « remplir (s)es gourdes et de les mettre au frais » avant de se délecter de leur contenu, fortement conseillé en période de canicule.
La problématique ne date pas d’hier, plusieurs Nantais se sont étonnés de ne sentir que de l’eau chaude, ou tiède, sortir de leurs robinets lors des différentes vagues de chaleur. Puis le mercure est repassé sous la barre des 30 °C, mais certains habitants semblent toujours concernés. « Je pensais qu’avec la baisse de température, je serais tranquille, explique Louise, parfois l’eau froide apparaît, avant de disparaître à nouveau. »
« Il n’est pas toujours possible de respecter la limite »
La température de l’eau distribuée dépend principalement de la température de la Loire, « qui a pu dépasser 30 °C cet été », rappelle la Régie de l’eau de Nantes métropole. « A ce titre, il n’est pas toujours possible de respecter la limite des 25 °C » recommandée pour la consommation d’eau froide au robinet. Dans le cas où la température de l’eau froide est trop élevée, c’est l’Agence Régionale de Santé (ARS) qui « accorde une dérogation d’exploitation », aux différents secteurs concernés rappelle la métropole.
La différence de température de l’eau d’un quartier à l’autre peut s’expliquer « par la subjectivité de la mesure », ou encore « par l’inertie du réseau qui »baisse » en température différemment selon son linéaire, le nombre et la nature des réservoirs de stockage », ajoute la Régie de l’eau.
Mais dans ce cas, l’eau, faut-il la boire ou non ? Au-delà de l’aspect désagréable de l’eau tiède en bouche, c’est la question de la propagation des bactéries dans qui se pose. Cet été « le suivi de la chloration résiduelle de l’eau, destinée à écarter tout développement bactérien dans le réseau, a été renforcé », rassure Nantes métropole. A ce stade, il n’y a eu « aucun problème ni dépassement bactériologique selon les normes réglementaires » dans l’agglomération. L’eau du robinet peut ainsi être consommée sans risques et devrait logiquement, être de moins en moins chaude.