Un étudiant de l’université de Rennes 2 mis en examen en mars 2026 pour viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel a saisi ce vendredi 21 août 2026 la juge des référés du tribunal administratif de Rennes pour contester l’interdiction qui lui a été faite de se réinscrire dans « toute université en France ».
Il a été mis en examen en mars 2026 suite à « un signalement de l’établissement universitaire dénonçant des faits de viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel », confirme le vice-procureur de Rennes contacté par PressPepper ce vendredi 21 août 2026. Dans la foulée, le 11 juin 2026, l’étudiant – scolarisé l’an dernier en troisième année de licence – a fait l’objet d’une délibération de la section disciplinaire compétente à l’égard des usagers de l’université Rennes 2 lui infligeant « l’exclusion définitive de tout établissement public d’enseignement supérieur ».
Des signalements de trois jeunes femmes
Concrètement, sa poursuite d’études est donc aujourd’hui empêchée. Ce vendredi 21 août 2026, il a demandé à la juge des référés de suspendre les effets de cette décision pour pouvoir « s’inscrire » à la rentrée de septembre 2026. Il lui est précisément reproché par l’université d’avoir « porté atteinte à l’ordre et au fonctionnement de l’université en suivant des étudiantes jusqu’à leur domicile et en leur envoyant des messages via la boîte mail de l’université », a recontextualisé Me Alix Le Rouge de Guerdavid lors de l’audience.
Au total, trois jeunes femmes de sa promotion, dont une de ses anciennes petites amies, ont en effet opéré « des signalements » auprès de la direction de Rennes 2. Selon son avocate, l’information judiciaire ne concerne toutefois « qu’une seule femme sur les trois ». Selon Me Alix Le Rouge de Guerdavid, il aurait à ce stade reconnu « une maladresse envers une des étudiantes » et « des torts dans un contexte de rupture difficile ».
« Il s’est rapproché d’une autre étudiante »
Des messages sur les réseaux sociaux pour « aller boire un verre », un « rendez-vous dans le bâtiment O » et le fait d’avoir « suivi une étudiante jusque chez elle pour lui parler » le 7 novembre 2025, lui sont en tout état de cause reprochés par les trois étudiantes. Deux d’entre elles, dont son ancienne compagne pendant huit mois, parlent aussi de rapports sexuels non consentis et de harcèlement. Cette ex-petite amie aurait fait un malaise en cours après avoir été bloquée par l’étudiant sur les réseaux sociaux.
« Il est démontré que beaucoup de ces faits ne sont pas matériellement établis », s’est avancée l’avocate de l’accusé devant la juge des référés. En tout état de cause, de son point de vue, ils ne constituent « pas de faute disciplinaire » et son ex-petite amie présentait « des fragilités antérieures », a argumenté l’avocate, dont le client se retrouve à « se justifier d’avoir rompu » avec la plaignante devant la direction de sa fac. Il a par ailleurs « coopéré dans les démarches », comme l’avaient relevé ses enseignants.
Les étudiantes sont inquiètes qu’il puisse réintégrer la même promo qu’elles.
Reste que les plaignantes sont « désavantagées » car elles ont « supprimé tous les échanges avec lui », a répondu Me Zoé Pages, l’avocate de Rennes 2. Pour elle, la gravité des faits et l’intérêt public en jeu justifient que cette sanction continue de courir, alors même que l’étudiant accusé ne « semble pas remettre en question son comportement ».
À ce stade, l’avocate du jeune homme – qui est présumé innocent – a indiqué qu’il avait tout de même pu se réinscrire en Master 1 sur la plateforme dédiée mais que l’université Rennes 2 n’avait pas encore validé cette réinscription. « Les étudiantes sont inquiètes qu’il puisse réintégrer la même promo qu’elles. Elles ont identifié qu’il s’était rapproché d’une autre étudiante », a déploré Me Zoé Pages, avocate de Rennes 2. La juge des référés, elle, a mis sa décision en délibéré et se prononcera courant de la semaine prochaine.