Existe-t-il une « mémoire du feu »? La question se pose tant les incendies XXL de cet été 2026 en Gironde, dans les Landes et le Var, ont pu apparaître aux autorités comme aux Français comme une (re) découverte des risques que fait peser l’été sur les massifs forestiers et la sécurité des personnes et des biens.
Le 21 août 1990 démarrait à Marseille le plus important incendie de forêt de l’histoire des Bouches-du-Rhône : en 48 heures, autour de 5 000 hectares sont parcourus par les flammes dans le massif des calanques, défigurant son paysage pour des décennies. Ce n’est pas la première fois que la deuxième ville de France est confrontée à des feux intenses : en 1979, déjà dans les calanques, deux marins pompiers avaient été tués ; en 1983, le pilote d’un Canadair et son mécanicien y avaient également trouvé la mort.
Depuis le début de cet été 1990, tous les ingrédients d’un mauvais scénario étaient en place : une sécheresse intense – il n’a plus que 4 mm depuis début juillet – balayée par un mistral qui souffle en rafales. Le 21 août à 15h21, de premières flammes sont signalées entre Saint-Tronc (10e) et la Panouse (9e). Très vite, les flammes partent vers le sud, sautent la crête,…