Dans un jardin, une tique attend rarement au milieu d’une pelouse sèche et courte. Elle préfère les zones fraîches, humides et protégées : herbes hautes, bordures de haies, massifs épais, tapis de feuilles mortes. Dès qu’un animal ou une jambe passe à portée, elle peut s’accrocher.

L’Anses rappelle que les piqûres peuvent aussi avoir lieu près de la maison. Le risque est devenu plus visible pendant le premier confinement : les déclarations de piqûres en jardin sont passées de 28 % entre 2017 et 2019 à 47 % sur cette période.

Cette hausse ne signifie pas que chaque jardin est envahi. Elle montre que les zones familières, celles où l’on jardine en short ou où les enfants jouent dans l’herbe, méritent la même attention que les chemins de sous-bois.

Les coins frais servent de zone d’attente

Une tique supporte mal la sécheresse. Elle préfère les endroits où la végétation garde l’humidité et protège du soleil direct. Une pelouse courte, sèche et bien exposée lui offre moins de confort qu’un coin de hautes herbes au pied d’une haie.

Les tas de feuilles, les bordures non entretenues, les massifs très denses et les friches voisines jouent le rôle de passerelles. Ils relient le jardin aux zones où circulent les animaux hôtes. Le risque augmente encore quand le terrain touche un bois, une prairie humide ou un espace laissé sauvage.

Les zones naturelles peuvent rester au jardin. Les passages, les lieux de repas et les espaces de jeux gagnent simplement à être séparés des bordures les plus denses, afin d’éviter les contacts répétés avec les herbes où les tiques attendent.

L’entretien limite les rencontres

Le premier geste reste ordinaire : tondre les zones de passage, dégager les allées, ramasser les feuilles mortes là où l’on s’assoit et éviter les amas végétaux collés à la terrasse. Les haies peuvent rester vivantes, avec un pied plus aéré.

Dans les jardins proches d’un bois, une bande plus sèche ou plus dégagée entre la limite du terrain et les lieux de vie peut réduire les contacts. Graviers, paillage minéral ou simple allée entretenue créent une transition moins favorable aux tiques.

Le programme TIQUoJARDIN, porté par l’Anses, INRAE, le labex ARBRE, l’université de Lorraine et le CPIE de Nancy-Champenoux, étudie justement les espèces présentes, les agents pathogènes transportés et les facteurs qui influencent leur présence dans les jardins.

Les animaux déplacent le risque

Un chien qui revient d’une promenade peut rapporter une tique avant même que le jardin soit en cause. Le contrôle du pelage après une sortie, surtout autour des oreilles, du cou, des pattes et des plis, limite les surprises dans la maison.

Les animaux sauvages compliquent davantage le tableau. Hérissons, oiseaux ou rongeurs ne sont pas des ennemis du jardin, mais ils peuvent transporter des tiques. Il vaut mieux éviter que les zones de repos ou de repas soient collées aux coins les plus denses.

Un tas de bois au fond du terrain n’a pas le même effet qu’un tas de feuilles contre la porte-fenêtre. La distance change la probabilité de rencontre.

Après la piqûre, le bon geste reste rapide

Certaines tiques peuvent transmettre des virus, bactéries ou parasites. En France, l’Anses précise que la principale maladie humaine liée aux tiques est la maladie de Lyme, provoquée par une bactérie du groupe Borrelia burgdorferi.

Après une séance de jardinage dans les herbes, l’Assurance Maladie conseille de vérifier la peau, puis de retirer rapidement toute tique fixée avec un tire-tique, sans appliquer d’éther ou de produit avant l’extraction. La peau doit ensuite être désinfectée.

La zone de piqûre se surveille dans les jours suivants. Un érythème migrant, rougeur qui s’étend autour de la piqûre, justifie une consultation médicale. Le jardin reste agréable quand les zones à risque sont connues et que le contrôle de la peau devient un réflexe après les passages dans les herbes.

Références :

  • Santé publique France, « Maladie de Lyme et prévention des piqûres de tiques » (situations à risque et gestes après piqûre), https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-a-transmission-vectorielle/borreliose-de-lyme/depliantflyer/maladie-de-lyme-et-prevention-des-piqures-de-tiques
  • Anses, « Attention aux tiques, y compris dans les jardins », 27 avril 2021 (présence dans les jardins, déclarations de piqûres, maladie de Lyme et programme TIQUoJARDIN), https://www.anses.fr/fr/content/attention-aux-tiques-y-compris-dans-les-jardins
  • Assurance Maladie, « Morsure de tique et prévention de la maladie de Lyme : que faire ? », 23 avril 2025 (retrait au tire-tique, désinfection et surveillance de l’érythème migrant), https://www.ameli.fr/assure/sante/urgence/morsures-griffures-piqures/morsure-tique-maladie-de-lyme-que-faire