Les mots sont forts. Le groupe local Les Écologistes de Nantes condamne avec fermeté la décision de la mairie de Nantes de procéder à l’expulsion des habitants de bidonvilles occupés par des familles roms, sans qu’aucune solution de relogement digne ne leur soit proposée. Est-ce à dire que la majorité de la Ville de Nantes, dirigée par la socialiste Johanna Rolland et composée d’élus écologistes, est divisée sur la gestion de ce dossier ? C’est la parole de militants,affirme un élu écologiste. En tant qu’élus, nous n’avons pas à dicter ce qu’ils doivent dire ou non. Je suis d’ailleurs fier que cela fonctionne ainsi dans notre parti.

Toujours est-il que cet élu défend la décision d’en finir avec ces deux camps qui avaient pris place dans le quartier de Doulon-Gohards. Il reste droit dans ses baskets : Nous avons estimé que le statu quo n’était plus possible. Et ce n’est pas un élément de langage. Continuer comme avant, ça ne protégeait personne. Ni les acteurs associatifs, ni les agents de la Ville, ni les riverains, ni les familles elles-mêmes vivant sur ces terrains. Et l’élu d’aller plus loin : Nous avons eu des alertes graves concernant des cas de violences sexuelles, qui ont fait l’objet d’un signalement auprès du procureur, au titre de l’article 40 de la procédure pénale (1).

Ce membre du conseil municipal ne regrette donc pas un instant cette décision. On continuera à expliquer la situation à nos militants. Une autre élue écolo, qui ne siège pas à Nantes, glisse : Quand j’étais militante, je ne percevais pas toujours la complexité des situations.

Et le deuxième adjoint socialiste, Olivier Chateau, d’assurer qu’il n’existe aucun désaccord au sein de la majorité : C’est un travail collectif. La décision de demander à l’État d’intervenir a été prise en bureau municipal par toute la majorité.

(1) Tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit, est tenu d’en informer le procureur.