Après les accusations de harcèlement sexuel et moral et les dénonciations autour du mal-être au travail à l’encontre de Pierre-Olivier Costa, ex-président du Mucem, le contenu du rapport confidentiel de l’Inspection générale des affaires culturelles (Igac) a été, en partie, révélé par nos confrères du Monde ce vendredi 21 août 2026.

On en connaît désormais davantage sur la teneur des accusations portées. Selon le premier plaignant, « le président est venu s’asseoir à côté de moi […] il s’est mis à me tutoyer et de manière très répétée et insistante, il a dit « viens me sucer’, « viens me sucer là-haut’, je pense qu’il l’a dit une trentaine de fois… » Si aucun témoin n’a été recensé ce soir-là, les auteurs du rapport relatent toutefois des « comportements inappropriés » du président à l’égard de son subordonné.

À noter que le parquet de Marseille s’était également saisi d’accusation de harcèlement sexuel à l’encontre d’un ancien collaborateur de Pierre-Olivier Costa : « Il m’a fait des propositions sexuelles, type fellation […] ou des phrases comme ’ton jean est moulant, on voit ta bite’. » De son côté, le président du Mucem a assuré à l’Igac n’avoir « jamais fait d’avances à ses collaborateurs », et conteste toutes ces accusations.

Arrivé en 2022 à la tête du Mucem, ce proche du couple Macron avait été suspendu le 30 juin 2026. À l’époque, Pierre-Olivier Costa avait déjà rejeté la véracité des accusations et indiqué ne pas avoir connaissance du rapport.

Harcèlement sexuel et favoritisme

Enfin, le texte mentionne des éléments pouvant relever de faits de favoritisme, comme une possible ingérence dans le choix d’une prestataire d’un marché public. « Lors d’une commission en octobre 2023, la première conseillère du président […] a fait sortir deux agents du Mucem en charge du dossier et donné instruction aux membres du jury sur le choix à retenir, en oubliant qu’un autre agent en visio était témoin de la scène. » Dans plusieurs autres contrats transparaissent des irrégularités d’absence de mise en concurrence, ce qui est porteur, selon l’enquête de l’Igac, de risque de conflits d’intérêts ou d’infractions pénales.

Au sein de la direction, d’autres décisions ont été prises. L’administratrice générale, Véronique Haché, a été suspendue la 1er juillet. Le rapport préconise à son encontre le lancement d’une procédure judiciaire.

Toujours selon les inspecteurs du ministère de la Culture, l’avenir du Mucem en sera impacté. « La mission considère que le point de rupture atteint entre la direction et les équipes du Mucem est à un niveau paroxysmique qui ne permet pas d’envisager, sans mesures administratives, la poursuite d’une relation de travail apaisée et à l’établissement d’accomplir ses missions dans des conditions normales de travail ».

La justice va continuer ses propres investigations à la lumière de ce rapport.