Bruno Genesio pouvait être satisfait de la prestation des siens.Bruno Genesio pouvait être satisfait de la prestation des siens. / Photo Frédéric SPEICH

Quel est votre regard sur le match de votre équipe ?

On a fait pas mal de bonnes choses, même s’il a manqué un peu de folie dans les 25, 30 derniers mètres, de dribbles, de percussion, de vitesse. On affrontait une bonne équipe de notre championnat, il fallait continuer à bien préparer nos actions, tout en mettant plus de monde devant le but. Quand vous marquez si vite au retour des vestiaires, ça vous libère. Ensuite, on a su profiter de notre supériorité numérique.

Qu’est ce qui vous a le plus plu ce soir ?

Cet esprit qui est présent depuis le premier jour où l’on est ici. C’est ce que l’on ressent, le staff et moi, depuis notre arrivée. Forcément l’entrée des jeunes joueurs, la joie sur les buts, la joie collective de ceux qui étaient sur le terrain et ceux sur le banc. C’est quelque chose de révélateur dans un groupe. J’en ai déjà parlé plein de fois, et c’est l’une des raisons pour lesquelles je suis venu ici, c’est ce public, ces émotions qu’on vit ici. Ça a été le cas dès l’entame de match, on a été poussé, aidé. Au vu du scénario, on ne pouvait pas rêver mieux comme entame.

Est-ce que cette victoire peut être un argument pour ne pas trop chambouler l’effectif d’ici la fin du mercato ?

Je pense que ma direction n’a pas forcément besoin de ce genre de message, ils en sont conscients. Après, il y a une réalité économique, il y a des engagements qui ont été pris. On sait que c’est pour l’instant ce qui nous pénalise. Mais en tout cas, il était important ce soir de montrer qu’on avait un bon groupe de bons joueurs. Je pense qu’il y a une grande partie d’eux qui sont aussi revanchards par rapport à la deuxième partie de saison dernière. Ils ont envie de montrer d’autres choses. Maintenant, ça ne reste que le premier match, le match d’ouverture. On sait que parfois ça ne veut pas dire grand-chose et on le dit souvent. Quand je suis venu, on a dit que j’étais calme, mais je ne suis pas tout le temps calme. En tout cas je vais tempérer à chaque fois que c’est possible les enflammades et c’était ce que j’ai dit aux joueurs parce que je sais que dès demain, à juste au titre, vous allez écrire, vous allez dire des choses. Nous, notre job, c’est de toujours modérer, dans les bons moments comme dans les mauvais moments. Donc là on est dans un bon premier match de championnat. J’ai félicité les joueurs car ce n’était pas simple. Maintenant on va continuer comme on l’est depuis sept semaines, à être sérieux et j’espère qu’on aura un groupe compétitif aussi le

1er septembre.

Quel est votre regard sur le match d’Angel Gomes et Himad Abdelli au milieu de terrain ?

Ils ont fait tous les deux un très bon match, mais à l’image de l’équipe. Je n’aime pas trop parler des individualités après les matchs, ni dans un sens ni dans l’autre. Mais bon, Angel est décisif sur le premier but, c’est lui qui fait la passe. Et chez Himad, ce qui m’a beaucoup plu, c’est son agressivité, parce qu’on connaît les qualités techniques, mais ce soir il a montré aussi que c’était un joueur capable de récupérer des ballons, capable de donner le tempo dans l’agressivité, et je pense qu’au milieu de terrain, c’est très très important. Mais encore une fois, j’ai envie de souligner surtout la victoire d’un groupe, ceux qui ont débuté, ceux qui ont été importants quand ils sont rentrés, et encore une fois ceux qui n’ont pas participé au match et qui ont montré par leur attitude qu’ils étaient heureux de cette victoire.

Est-ce important de garder un joueur comme Pierre-Emile Hojbjerg ?

J’ai déjà dit que tout entraîneur veut garder ses très bons joueurs. Pierre en fait partie. Pierre fait partie des très bons joueurs de cet effectif. C’est un garçon qui a de l’expérience, qui est un petit peu un régulateur au milieu de terrain. Ce soir en plus, il a couronné cela par un but magnifique, qui montre aussi ses qualités techniques.

Quand vous êtes entraîneur, vous avez envie d’avoir les meilleurs joueurs à votre disposition. Donc évidemment, je veux le garder parmi nous. Il y a l’aspect sportif, c’est mon domaine. Et puis il y a d’autres domaines que je ne maîtrise pas forcément.

Comment jugez-vous l’état physique de votre équipe ?

Non, on n’est pas encore au niveau qu’on souhaiterait être, mais on a progressé. Après, ça ne reste que le premier match et forcément il y a des degrés de formes diverses et variées. Parce que certains ont repris plus tard à cause de la coupe du monde, d’autres sont de retour de blessures. On a vu ce soir qu’on était obligé de changer toute notre charnière. « CJ » venait à peine de revenir de blessure. Nayef n’avait pas joué depuis cinq mois. Derek revenait aussi de blessure. Kondo, on sait qu’il a eu pas mal de pépins l’année dernière, donc là il a fallu jongler.

Pour l’instant, ce sont des degrés de forme très hétérogènes, mais petit à petit on va corriger tout ça, on n’a qu’un match par semaine, donc ça nous permet de bien travailler, de réguler tout ça.

Une telle victoire, c’est important pour débuter un championnat…

Bien sûr. À la première journée on est toujours plein d’interrogations, même s’il y a des matches de préparations, ça ne remplace pas la compétition, on ne sait jamais trop où on va, avec la situation que vous connaissez, ça accentue peut-être un peu plus les interrogations. Mais on avait aussi quelques convictions grâce à ce qu’on a vu aux entraînements ou lors des matches de préparation, c’est bien de l’avoir validé par quatre buts et sans en encaisser.

Ça va donner de la confiance, mais je le redis, attention de ne pas croire que tout est réglé. On a encore 33 matches à jouer et s’il n’y avait pas eu ce résultat, j’aurais dit la même chose. Donc à nous de rester comme on est, de continuer à travailler comme on le fait et d’avancer petit à petit.

Amine Gouiri avait montré des choses intéressantes en préparation mais n’avait pas efficace. Il a aidé à mettre sur orbite l’OM…

Oui, il a aidé, mais il a profité aussi du travail de l’équipe. C’est toujours, forcément, les attaquants qui sont souvent plus mis en lumière parce que ce sont souvent eux qui terminent les actions. Mais je crois que sur le premier but, il y a plusieurs joueurs importants dans l’action.

Il faut souligner aussi la performance d’Igor (Paixao), qui, même s’il n’a pas marqué, a été déterminant encore sur son côté, comme il l’est depuis le début de saison. Au milieu on a été solides, derrière on a été solides. C’est un bon match, c’est une bonne équipe de notre championnat, mais encore une fois, ça reste qu’un match et un premier match de la saison. Donc il ne faut pas trop en tirer des conclusions.

La réaction de Hugo Oliveira (entraîneur Strasbourg)

« On a perdu trois points dans le premier match de la saison. Je pense que dans la première mi-temps on fait des bonnes choses, il y a une bonne connexion pour arriver dans la surface de Marseille, on a eu des possibilités de marquer, dans la seconde période on peut faire plus de choses. Mais quand on commence par un but, un carton rouge et un penalty c’est difficile.

C’est difficile à 11 contre 11 contre une telle équipe dans un tel stade, c’est une bonne expérience pour les jeunes. Marseille a beaucoup de bons joueurs, d’expérience, un bon entraîneur. La première période a été équilibrée, on a un nombre de situations similaires. Mais l’expérience, la qualité, la maturité ont fait la différence en deuxième période. »

Avez-vous des nouvelles de Leonardo Balerdi ?

Les examens sont plutôt rassurants mais il n’était pas encore à 100% physiquement pour jouer ce match. Je pense qu’il va reprendre l’entraînement en début de semaine et donc il sera certainement opérationnel pour le match à Monaco.

On a l’impression qu’il y a un formidable état d’esprit. Est-ce que ça vous est déjà arrivé d’avoir un groupe avec un état d’esprit pareil dans votre carrière ?

J’ai eu la chance d’en avoir plusieurs : à Lyon, à Rennes, à Lille, et ici depuis qu’on est arrivé, je l’ai régulièrement souligné. Le football c’est sur la durée qu’on est jugé, donc il faut garder cet état d’esprit parce qu’il est essentiel et indispensable pour avoir des résultats. Il faut bien sûr des bons joueurs aussi, c’est ce qu’on a, mais il faut aussi toujours garder beaucoup d’humilité. Donc si on est capable d’additionner toutes ces qualités, on verra ce qu’il en est. Mais encore une fois, profitons de cette victoire ce soir, mais ne tirons pas non plus trop de conclusions hâtives et définitives.

Il y a pas mal de joueurs dans cette équipe qui étaient en échec la saison passée, comme Abdelli, Angel Gomes, comme Egan-Riley, qui ont fait un très bon match. Comment on fait pour les remobiliser ? Est-ce que c’est facile ? Est ce qu’il y a un travail mental aussi à faire ? Comment vous jugez leurs débuts ?

Je ne suis pas sûr qu’on ait fait un travail mental particulier. Simplement, on a amené des choses assez simples, des règles de vie assez simples. Peu nombreuses, mais assez simples J’insiste régulièrement sur l’investissement et l’engagement à l’entraînement mais je ne crois pas que je suis le seul entraîneur à le faire. Je pense que mes prédécesseurs le faisaient aussi.

Peut-être qu’il y a un contexte qui est plus favorable, pour l’instant en tout cas, pour que certains joueurs s’expriment. Je n’ai pas envie de dire que c’est le staff et moi-même qui avons tout réglé en l’espace d’un mois. Ça serait de mentir et ça serait de manquer de respect aux gens qui étaient là avant nous. Je pense qu’il y a des bons joueurs dans cette équipe. Parfois dans le foot, les choses se dérèglent et il n’y a pas forcément d’explication. C’est ce qui fait aussi le charme du foot, c’est pour ça que les gens aiment le foot. On oublie que cette équipe en janvier était dans les trois premiers, elle aurait pu se qualifier en Champions League…

C’est qu’il y a de la qualité, c’est que cet état d’esprit était là aussi à ce moment-là. Et puis parfois ça se dégrade, on le sait. Je ne pense pas qu’on ait forcément fait des miracles en deux mois et personne n’en fait. Par contre, c’est vrai qu’on insiste beaucoup sur la notion de plaisir, sur la notion de respect, sur la notion d’investissement, d’engagement, aux entraînements et aussi dans la vie de tous les jours avec quelques règles non négociables, mais aussi une certaine liberté pour les joueurs.

On a vu le retour à la compétition de Nayef Aguerd qui a joué une vingtaine de minutes. Que prévoyez-vous comme processus pour un retour progressif ?

C’est ce qu’on a fait lors de cette préparation avec mon staff technique, le staff de la performance et aussi le staff médical parce que c’est un travail commun qui a été accompli, y compris d’ailleurs avec la sélection marocaine qui a pris en charge Nayef lors de la coupe du Monde. L’idée c’était progressivement de le remettre à l’entraînement. Puis petit à petit, lui donner du temps de jeu, c’est ce qui était prévu sur les deux derniers matchs, notamment le dernier match de préparation.

Après, vous connaissez l’histoire : départ, pas départ, c’est ce qui nous a un petit peu retardés dans le processus de reprise de Nayef. Et puis du coup, ce soir, on savait qu’il avait 20-25 minutes dans les jambes et il nous a bien rendu service. C’est un joueur que je connais très bien, que j’apprécie. Et qui lui aussi est un très bon joueur, maintenant il faut qu’il retrouve petit à petit ses sensations.