Au Roazhon pub, route de Lorient à Rennes, les derniers préparatifs destinés à accueillir les supporters, dimanche, touchent à leur terme ce vendredi 21 août. Derrière le comptoir, quelques gouttes de sueur perlent encore sur les fronts alors qu’un salarié confie, un poil soulagé, que l’on « arrive au bout ». Depuis l’annonce de l’inversion du match entre le Stade Rennais et le Paris Saint-Germain mercredi 19 août dans la soirée, les établissements du quartier ont mobilisé leurs forces vives afin de garantir le service. Un camion de livraison se gare justement, chargé des caisses de boissons, poussant le salarié à s’affairer, prêt à décharger et à faire chauffer ses muscles : « Désolés, nous manquons totalement de temps pour vous répondre. »
La course « pendant deux jours »
Quelques encablures plus loin, même son de cloche Chez Marco. Dans ce bar-restaurant, la nouvelle a réjoui Clément Bertin, l’un des patrons, qui savoure l’arrivée du PSG : « On va avoir beaucoup de monde, donc c’est bon pour nous. Puis, tous nos prestataires ont répondu présent pour nous livrer dans les temps. » Pour lui, cette rencontre reste une aubaine pour la capitale bretonne puisque « ce genre de match fait vivre toute une ville, les bars, le centre-ville et les commerces », assure-t-il en ajoutant qu’« il n’y a pas que du négatif », tout en gardant à l’esprit les supporters mécontents.
À L’Entrepôte, situé un peu plus haut à la place de l’ancienne institution La Planque, l’établissement s’apprête à inaugurer sa première saison entière de football. Depuis l’annonce officielle de l’inversion des terrains, le téléphone ne quitte plus les mains de Fabien Soray, le nouveau propriétaire : « ça a été la course pendant deux jours » au point d’avoir « dû appeler les fournisseurs jusque dans la nuit ». Une situation qui l’a forcé à s’adapter sur un incontournable d’un match de foot : les frites ! « On n’a pas pu faire appel à notre fournisseur habituel car les délais sont d’une semaine. J’ai dû en voir un autre pour cette fois-ci », explique-t-il.
Du personnel supplémentaire
Autre casse-tête pour les gérants : recruter de la main-d’œuvre en un temps record. Fabien Soray a ainsi dû activer son réseau. « Il fallait composer avec ceux qui sont en festival, au Roi Arthur ou au V & B Fest. Mais on a réussi à trouver du nouveau personnel pour le match. »
Même dynamique Chez Marco. Pour assurer le service des mousses et des traditionnelles galettes-saucisses, ce ne sont pas moins de dix extras qui viendront prêter main-forte. « C’est bien, car on embauche des jeunes et des retraités qui viennent faire un complément. C’est un gain économique indéniable pour eux. »
Dans l’attente du match retour
Si les restaurateurs ont accompli le tour de force de s’organiser en un temps record, une ombre plane déjà sur la confrontation retour. « J’espère qu’il sera à Rennes, explique le patron de Chez Marco. C’est un match que l’on aura prévu, qui sera moins à l’arrache. »
Au Roazhon Pub, un grand tableau mural récapitule les affiches de cette première journée de Ligue 1. En bas de page, le personnel a pris soin de rectifier le tir : le Stade Rennais s’est vu réattribuer la case à domicile. Pour Fabien Soray, ce premier rendez-vous de l’année augure « une année mouvementée ». Et quitte à joueur les prophètes, ce dernier prend même le pari : « Je mise sur un 2-1 pour Rennes. »