Dans le cadre de la campagne « On paie tous le prix de la drogue », une vidéo montre un chef prendre un rail de cocaïne pendant son service. Pourquoi cette communication du ministère de la Santé vous met-elle autant en colère ?
On stigmatise une fois de plus un métier. Nous n’avons pas besoin de ça. Les phénomènes évoqués dans cette campagne existent, mais il n’y en a pas plus chez nous qu’ailleurs. Qu’on vienne systématiquement pointer du doigt un métier en particulier, avec cette goutte de sang qui tombe sur l’assiette au moment du dressage, c’est insupportable d’un point de vue éthique et professionnel.
Cela a mis en rogne beaucoup de collègues. J’avais déjà réagi il y a trois mois, lorsque la vidéo était sortie. J’avais demandé aux députées finistériennes Annaïg Le Meur, Liliana Tanguy et Sandrine Le Feur d’intervenir. Elles avaient fait porter le message au ministère de la Santé, mais cela n’avait pas été suivi d’effet. Et voilà qu’on remet une couche aujourd’hui. C’est cela qui a énervé l’ensemble de mon conseil d’administration.
Vous estimez aussi que cette campagne risque d’aggraver les difficultés de recrutement du secteur ?
Bien sûr. Quand on touche à l’image du métier, c’est trois pas en arrière sur les problématiques de recrutement. Nous faisons énormément de choses pour valoriser nos métiers : nous montons notamment des opérations dans des restaurants éphémères pour recruter, nous travaillons en permanence sur leur image. Et il faut que ce soit le gouvernement qui vienne, avec une publicité télévisuelle comme celle-ci, nous flinguer.
Que demandez-vous concrètement ?
Nous demandons le retrait pur et simple de cette communication. C’est une question d’image.
Au-delà de cette colère, quel premier bilan pouvez-vous dresser de la saison estivale pour les restaurateurs ?
Les tendances de l’été sont très contrastées. Pour la restauration traditionnelle, notamment les brasseries, la situation est compliquée : nous constatons une baisse du ticket moyen, même si la clientèle est bien présente. C’est directement lié aux arbitrages des consommateurs en matière de pouvoir d’achat. À l’inverse, les établissements comme les crêperies, qui misent davantage sur le volume, s’en sortent très bien car leurs tarifs correspondent davantage au budget recherché par les clients.