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À Glanes, dans le Lot, la coopérative Les Vignerons du Haut Quercy célèbre ses 50 ans. Composée de sept maisons familiales, elle produit l’une des plus petites IGP de France, les Coteaux de Glanes. Explications sur comment cette cave arrive à entretenir son histoire et développer sa gamme.

« On aime bien s’identifier sur le fait d’être le petit village gaulois », sourit Bruno Canet, issu de la maison Canet, présente depuis la création de la coopérative Les Vignerons du Haut Quercy. À Glanes, dans le nord du Lot, ils cultivent la vigne comme on entretient une histoire de famille. Dans cette petite commune, les sept maisons (Canet, Cérou, Fregeat, Quercy, Ferrand, Lapauze et Jérémy Zamarreno) qui composent aujourd’hui la cave font vivre l’une des plus petites IGP de France, les Coteaux de Glanes, présente sur 47 hectares.

L’histoire commence en 1976. Les Vignerons du Haut Quercy, qui fêtent leurs 50 ans cette année, voient le jour sous la forme d’un GAEC (groupement agricole d’exploitation en commun). Cette première année, le tout premier millésime est un vin rouge, assemblage de Merlot et de Gamay, vinifié dans une cave louée. En 1980, la coopérative dispose de son propre chai, construit à Glanes et agrandi à plusieurs reprises depuis. En 1992, le GAEC devient officiellement une coopérative viticole.

Le fonctionnement repose sur un principe collectif. « On amène du raisin à la coopérative. Après, on récupère un nombre de bouteilles en fonction de ce qu’on amène », explique Bastien, de la maison Fregeat. Les bennes sont pesées, les raisins mélangés et le vin élaboré collectivement, de la vinification à la mise en bouteille.

« À plusieurs, on est plus forts. Il y a de l’entraide »

« Il n’y a que la vigne, la gestion parcellaire, qu’on fait nous-mêmes. Et chacun fait son commerce. Le même vin, au même prix », résume Elodie Lapauze, issue d’une maison qui exploite sept hectares.

Une organisation qui permet aussi de mutualiser les moyens. « À plusieurs, on est plus forts. Il y a de l’entraide. Et après, on a le matériel qu’on ne pourrait pas avoir tout seul », souligne Bruno Canet, président de la coopérative depuis quatre ans. Également, aucune exploitation ne vit uniquement de la vigne : bovins, noyers ou encore châtaigniers complètent les activités des producteurs.

Bastien Fregeat, Bruno Canet et Elodie Lapauze ainsi que les quatre autres maisons de la coopérative ont démarré les vendanges le 14 août.

Bastien Fregeat, Bruno Canet et Elodie Lapauze ainsi que les quatre autres maisons de la coopérative ont démarré les vendanges le 14 août.
DDM Charlotte Sirieys

En matière de vin, la coopérative a également appris à évoluer. D’abord uniquement rouge, elle produit un premier rosé en 1993, puis replante du blanc en 2007. Depuis la réorganisation des classifications viticoles, en 2008-2009, les Coteaux de Glanes sont devenus une IGP (indication géographique protégée), après avoir été un vin de pays de zone sur sept communes.

Aujourd’hui, quatre rouges, un rosé et deux blancs sont proposés. La production se répartit entre 50 % de rouge, 35 % de rosé et 15 % de blanc. Pour les 50 ans, une cuvée effervescente viendra également compléter la gamme à la fin de l’année.

Objectif : ne pas se perdre « dans la masse nationale »

Pour Elodie Lapauze, la petite taille n’est pas nécessairement un handicap. « C’est l’histoire, le lieu un peu perdu. C’est notre force aussi d’être un peu petit. C’est un vin de niches », confie-t-elle. Le défi consiste désormais à dépasser le marché local sans se perdre dans la masse.

« Si vous partez un peu trop loin en France, vous êtes noyés dans la masse nationale », estime Bruno Canet. Alors la coopérative mise sur son identité, mais aussi sur sa capacité à se remettre en question.

Les producteurs partent notamment en formation, environ deux jours par an, pour observer ce qui se fait ailleurs et réfléchir à ce qui pourrait être adapté à Glanes. « Ça nous montre aussi qu’il y a des choses à faire et qu’on n’est pas les rois du pétrole dans notre pays », explique le président.

Sur sa production, la cave fait 50% de rouge, 35% de rosé et 15% de blanc.

Sur sa production, la cave fait 50% de rouge, 35% de rosé et 15% de blanc.
DDM Charlotte Sirieys

Surtout, les sept maisons ont conservé la maîtrise de leur commercialisation. Un choix qui permet de rester au contact des clients et de recueillir directement leurs retours. « Si ça ne va pas, on le sait rapidement », souligne Bruno Canet.

Pour continuer à faire parler de leur petit vignoble, Les Vignerons du Haut Quercy misent enfin sur la créativité. « On essaie d’évoluer », affirme le président. Une évolution qui se caractérise notamment par leur concours gratuit baptisé « Balade ton Glanes ». Une manière, à l’image de leur histoire depuis 1976, de faire découvrir un vin qui entend justement ne pas se perdre dans la masse.

Les vendanges ont commencé avec dix jours d’avance 

Dans les vignes des Coteaux de Glanes, les vendanges ont débuté le 14 août à la coopérative, soit dix jours plus tôt que l’an dernier. « On est sur les bases de 2003 », observe Bruno Canet, président de la coopérative. Une avance liée aux fortes chaleurs de l’été, même si quelques épisodes pluvieux ont permis de préserver les parcelles. « Il y a des collègues qui n’ont pas eu de pluie et c’est très compliqué », souligne-t-il.

Une partie des blancs a déjà été récoltée, tandis qu’une nouvelle cuvée, baptisée « Sans-Chichi », fait son apparition cette année. Ce rouge frais et facile à boire doit compléter la gamme de la coopérative. Pour les autres parcelles, notamment le Merlot, les échantillons sont en cours d’analyse afin de suivre l’évolution des maturités. « Pour l’instant, c’est joli », estime Bruno Canet, tout en restant prudent : « Tant que ce n’est pas dans la cuve, on ne maîtrise rien. »

Face à la crise viticole et au réchauffement climatique, la coopérative cherche à s’adapter. « Nous aussi, on est impactés par la crise viticole mais on s’adapte », explique-t-elle. De nouvelles cuvées sont lancées et de nouveaux cépages sont plantés. « Le fait qu’il ait fait si chaud cet été, les raisins ne sont pas acides », constate Bruno Canet. Pour les viticulteurs, l’enjeu est désormais de trouver une bonne adaptation aux nouvelles conditions climatiques.